Le voyage de Takoumi

Saison 3

Archive mensuelles: novembre 2015

Ave César (ou guide des Canaries volet no. 1)

Nous étions si heureux d’arriver à Lanzarote que nous nous sommes lancés à la découverte de l’île dès le lendemain.

Contre toute attente, tout est simple pour une fois: l’organisation du tourisme ainsi que l’accueil des bateaux du puerto Naos sont fluides. A cinq minutes de notre poste d’amarrage nous discutons longuement en Français avec l’office du tourisme. Nous réservons même une voiture à l’entreprise qui partage leurs bureaux – en français également, c’est bien la première fois que cela nous arrive depuis notre départ!

Notre Seat Ibiza est taguée Gran Canaria et en deux jours, nous nous rendrons compte que la plupart des véhicules circulant sur l’ile sont des voitures de location – ainsi marquées du nom de l’une ou l’autre des îles de l’archipel. Mais avant de pouvoir nous échapper à terre, nous perdons néanmoins une demi-journée à rétablir le courant en panne sur notre panne justement! C’est enfin « branchés » que nous prenons la direction de Yaiza où nous déjeunons au milieu de champs de lave, et las montañas del Fuego, le volcan du Sud de Lanzarote.

 

Celui-ci a laissé des marques incroyablement futuristes dans un paysage qui nous parait lunaire et nous plaît beaucoup! Nous n’irons pas au restaurant du volcan mais avons pu observer la cuisson des cuisses de poulet sur les braises de pierres volcaniques. Le trajet valait la peine même si la visite du volcan en elle-même organisée en 30min en grand car touristique était un peu décevante.

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Ensuite, nous allons voir El Golfo, petit village pittoresque et Los Hervideros, plage noire et lagon vert très surprenant. Plus loin le long de la route nous découvrons des falaises parsemées de passages et d’orifices d’où l’on admire sans voix la force des vagues qui circulent au travers de ce labyrinthe rocheux naturel et qui se brisent bruyamment.

 

Malheureusement il est encore tôt alors nous repartons vers Playa blanca où nous dînons en bord de mer. Cette partie de l’ile est un peu trop touristique et « balnéaire » pour nous qui n’avions pourtant pas eu la sensation « d’en être » depuis le début de la journée. Enfin, ce fût une belle journée!

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, départ matinal pour visiter le nord de Lanzarote en commençant par la Fondation César Manrique à Tahiche. Il s’avère être le père fondateur de la politique architecturale de l’ile ainsi que le créateur de quasiment toutes ses attractions touristiques….Nous finirons d’ailleurs plus tard par vérifier sa biographie, Olivier spéculant rapidement que César devait avoir un ami au gouvernement pour avoir eu une telle influence sur Lanzarote! Je vous laisse deviner ce que l’on a découvert… La population paraît très fière de cet artiste architecte qui nous offre de très belles œuvres comme cette maison qu’il a construite et habitée au centre d’une impressionnante coulée de lave. Elle est très belle!!!

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Nous visitons ensuite : le jardin de cactus, les juegos del agua et le Mirador del Río donnant sur l’ile Graciosa, toutes des créations de….ben tiens, César Manrique! Nous avons bien failli nous perdre d’ailleurs, en visitant la grotte en souhaitant nous éclipser du chemin touristique guidé….Heureusement nous sommes rattrapés par un autre groupe pour nous rendre compte que la visite est en fait une boucle – tout droit nous aurions parcouru 7km et serions arrivés très très loin du parking où nous nous étions garés!

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Nous partons juste à temps du mirador, en quelques minutes une brume épaisse et grisâtre envahit les falaises et le chenal entre les deux îles laissant les derniers arrivés un peu penauds devant un paysage très opaque et sans intérêt…

Nous finirons la journée par la visite de Haria et de Téguise, jolis petits villages accueillants.

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Rentrés de nos excursions terrestres, les deux derniers jours à Lanzarote sont consacrés au bateau – eh oui, il faut réparer le frigo tout de même! Là aussi le service est bien organisé alors que notre dernier souvenir remonte à l’expérience inefficace mais bon marché de Palma de Majorque. Ici, c’est l’inverse: efficacité, le frigo est réparé en 24h mais le service est très cher….Les pièces que vous voyez sur la photo nous auront couté « bonbon » comme on dit! Enfin, nous aurons le plaisir de déjeuner avec Chris et Pat à bord de leur Lagoon 410 « Okeanos » avant notre départ de Lanzarote à Gran Canaria prévu le lendemain.

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Les portes de l’Atlantique

Hautement symbolique, ce qui pour d’autres sont « les portes de la Méditerranée » sont pour nous « les portes de l’Atlantique ». Excitation et curiosité se réveillent quand nous franchissons le Détroit de Gibraltar.

La journée est fort belle et ensoleillée, mais fenêtre météo oblige et c’est contre vents et courants que nous entreprenons le mythique passage. Qu’à cela ne tienne, le moteur est de nouveau mis à contribution et cette très relative déception n’entache pas notre belle aventure ni n’entame notre bonne humeur.

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C’est le long de la côte espagnole, bien à l’écart au nord des rails de cargos, qui ne sont finalement pas si nombreux, que nous empruntons le détroit, mais c’est à sa sortie que l’affaire se complique quand nous devons les croiser à la sortie du fameux DST (Dispositif de Séparation du Traffic) pour pointer au sud. Jusque tard dans la nuit, il nous semble rejouer nos meilleures parties de « Froggy la grenouille » (mais si souvenez-vous le jeux vidéo où le but est de faire traverser une autoroute encombrée à une grenouille anémique).

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Une fois les cargos esquivés, c’est aux pêcheurs marocains de nous donner des sueurs froides. Oubliez mes commentaires sur les pêcheurs de Marbella, les marocains sont pires. Non suffisant d’êtres bien plus nombreux à perler la surface de l’eau de leur ridicule lumière, encore faut-il que certains naviguent tout feux éteints, ne se signalant qu’à l’aide d’un projecteur à main quand votre proximité se fait pressante. Le jeux se joue dans la nuit noire, empêchant de distinguer les mouvements de l’adversaire sous l’arbitrage des cargos qui eux aussi en fait jouent la même partie, mais pas exactement avec les mêmes armes.

Puisque nous parlons de nuit noire, je souhaite dénoncer une grande injustice… Celle que j’appelle « Quart sans lune et quart de lune ».
Manuela et moi nous sommes partagés les quart de nuit pour la semaine. 23h-3h pour moi, et 3h-7h pour elle, la nuit étant complétée par les quarts plus ou moins flottants de 7h-9h et 9h-11h. Cet honnête arrangement qui nous conviens à tous les deux ne tarde pas à présenter un défaut majeur: la lune se lève apres 3h en ce moment dans cette partie du monde. Du coup, c’est nuit noire pour moi systematiquement tous les soirs… Et j’ai en horreur de naviguer par nuit noire, en plus de la sensation étrange de fendre les flots avec un bandeau sur les yeux, je ressens une grande frustration a ne pas distinguer les vagues car comme beaucoup, une de mes grandes distraction est de les contempler à loisir.
Ceci dit, Cette lune est déclinante et les pendules sont remises à l’heure pour la dernière nuit, plus de lune pour personne… J’aurais préféré une résolution diamétralement opposée avec un « soleil de minuit » pour tout le monde.

Quand on choisis une fenêtre météo pour éviter d’être bousculé, le risque est de se retrouver englué dans la pétole. Nous n’y aurons pas échappés en ce début de traversée qui verra les premières 36 heures réalisées au moteur avant qu’une alternance voile-moteur se mette en place. Nous profitons de l’occasion pour s’éloigner de la côte et échapper aux hordes de pêcheurs marocains. Nous ne disputons plus l’espace qu’à quelques cargos de plus en plus rares et deux ou trois voiliers.

Dans ce contexte relativement calme, capitaine Manuela prends du galon et j’ai la surprise a l’heure du réveil de la retrouver pendue à la VHF pour négocier avec un titanesque Tanker qui doit laisser son chemin à l’autre. Le professionnel est coopérant, Manue emporte la partie sans coup férir… Il se déroute à plus de deux mille de Takoumi.

Pour cette étapes loin des côtes, nous avons des visiteurs, jusqu’à 4 « moineaux » en même temps… A près de 60 miles des côtes (110 km environ), ces petites bestioles sont impressionnantes de venir jusqu’ici et en même temps, elles ressemblent a s’y méprendre à des piafs du jeux « Angry Birds » avec des « sourcils » froncés et une « expression » agressive donnée par la forme du visage.

Vous pouvez rechercher un intru dans chacune des 4 photos suivantes:

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Les dauphins eux, sont de la partie aussi et nous croisons quotidiennement une bande ou l’autre après la tombée de la nuit.

Cette traversée était aussi l’occasion pour nous de penser à « La Traversée », la vraie la longue, et compliquée et nous échangeons régulièrement sur le sujet – de l’état du bateau, des voiles et comment améliorer nos manœuvres, la source ruineuse des données météo mais aussi de l’eau, de la nourriture, du gasoil, de l’essence, de la pêche (bredouille sur cette étape 😢), des déchets, eh oui c’est problématique ainsi que l’humidité, l’ennemi no 1 du moment, et de la meilleure organisation de l’espace à bord ainsi que de la navigation… Concernant la nourriture par exemple,vivement la disponibilité de steaks en conserve car j’avoue que les filets de poisson finissent par tous se ressembler! Et ou diable allons nous bien pouvoir stocker 100 litres d’eau potable? Nous devenons créatifs quant aux déchets mais – quand même!? c’est fou la politique « terrienne » des multiples emballages « jetables » à tout va, non??

Et puis viens la dernière nuit qui, noire d’encre, nous réserve un bon vent et de belles vagues que nous ne pouvons que ressentir à l’aveugle.
Même si nous ne voyons pas les montagnes liquides qui nous rattrapent, l’élévation périodique de la poupe de Takoumi et les accélérations jusqu’à 9 nœuds semblent sans fin et nous confirment, si tant est qu’il soit possible de l’oublier qu’enfin, nous sommes en Atlantique.

Après cinq jours en mer, après avoir vu des dizaine de dauphins et d’étoiles filantes, couchers, levers de lune et de soleil quasi-quotidiens, au fur et à mesure que nous approchons de l’ile de Lanzarote ce matin, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine émotion et fierté d’avoir parcouru ce petit bout de chemin.

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Retour à La Ligne

Le retour à « La Linea » est dur dur. Nous sommes mal préparés pour les courses et l’aventure tourne à la foirade. Nous decidons de reporter notre depart d’une journée et d’étendre la location de voiture d’autant. Histoire de faire les choses bien.

Et aussi de profiter de Delphine, Jean-Camille et Mathis qui eux partent dés le lendemain pour les Canaries sur leur catamaran Kalisea, accompagnés pour l’occasion de deux sympathiques bateau-stoppers belges Bino et Charlie.
Nous avions rencontré Jean-Camille au cour du stage « mécanique » et avions visite son bateau encore en construction. Nous les avions croisé de peu (une trentaine de mètres) à Syracuse quand nous ne l’avions reconnu qu’au moment où ils levaient l’ancre. Du coup cela faisait plaisir de le retrouver là et de faire la connaissance de Delphine. Nos programmes sont assez différents, mais les questions que chacun se pose pour preparer ce type de voyage semblent universelle. Avec un peu de chance, nous pourrons retourner l’invitation aux Canaries.

Le lendemain, les courses sont rondement menées et en profitons même pour ajouter du bricolage et des vêtements. Pour l’équipement nautique, il faudra repasser quand il y aura un shipchandlers à la marina (pas pour demain donc).

La veille de notre départ tant espéré est une douche froide, au propre comme au figuré, la fenêtre météo vers les Canaries se referme devant nous et nous devons retarder notre départ de plusieurs jours … encore.
Nous mettons ce délais supplémentaire à profit pour accomplir une étape semble-t-il indispensable de nos visites, « les urgences » … Mais cette fois, c’est Manue qui s’y colle, ou plutôt son oreille devrais-je dire car l’exceptionnel climat de la ville a provoqué et entretenu une otite carabinée. Et paf, trois jours bonus, le temps d’être assuré que cela n’empirera pas pendant les 5 jours de traversée et laisser passer un gros coup de vent.
Comme nous avons terminé la saison 3 de « Revenge », nous « sortons » le soir. Oh, pas très loin, au lounge bar… Et c’est l’occasion de rencontrer Christine et Tony qui voyagent eux aussi, mais qui pour le coup entrent en Méditerranée alors que nous essayons d’en sortir. Nous repartirons le même jour, mais dans des directions opposées.

Enfin, nous aurons droit aux festivités d’Halloween et nous avons encore passé une très bonne soirée, bien que la population n’ait pas répondue à l’appel de la fête. Pensez-vous, il pleuvait des « chiens et des chats » sur la région et les précipitations sont accompagnés d’un coup de vent à écorner les bœufs au point d’obliger les forains à plier la barnum après une seule soirée au lieu des trois prévues. Bravant cette débauche animalière, fidèles à nous même, nous ne boudons pas une fondue dans une caravane aménagée dans un style « girly/Alice au pays des merveilles » et un groupe de blues/rock live presque pour nous seuls.

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Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que nous avons bien occupé notre temps a « La Linea », et c’est donc après 13 jours d’escale et de reports imprévus que nous parvenons enfin à quitter la marina avec du beau temps et une belle fenêtre météo pour rejoindre les Canaries.

L’échappée belle

En treize jours (je radote … comme pour me convaincre que c’est arrivé) les choses ne s’arrêtent pas là bien sûr, nous avons tentés de fuir la ville … en automobile. Et même si nous avons dû revenir trois jours plus tard, cette promenade a été une bouffée d’air frais (au propre comme au figuré).

Dans un premier temps, la cavale a commencée le long de la mer, par un arrêt express dans la vielle ville de Tarifa pour une pause en terrasse, préliminaire au déjeuner que nous prévoyons au cap de Trafalgar…

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Au sujet de ce lieux connus pour la tristement défaite de la marine Française, j’avoue que je me demandais bien quelle bêtise irrévérencieuse j’allais bien pouvoir commettre sur place pour au moins faire un pied de nez au touristes issus du camp opposé. En fait, je n’ai rien fait, les Espagnols s’en sont chargés pour moi bien avant… Pas un seul panneau indicateur, pas même à l’entrée du bourg, rien d’organisé si ce n’est un parking hors de prix, ultime endroit où abandonner son véhicule à des lieues et des lieues du cap, accessible uniquement à pied. A ce moment, il me fait sourire de penser que sur ce coup là, les Espagnols étaient de notre côté et qu’ils ont eux aussi quelques scrupules à organiser un lieu de défaite en attraction touristique. Un peu comme les gallo-romains ont oubliés où se situait la ville d’Alesia…

Apres ça, nous reprenons l’échappée jusqu’à Cadiz, où nous avions pensé attendre avec Takoumi la fenêtre météo pour les Canaries. Bien nous a pris d’annuler ce détour. Autant la vieille ville est belle et agréable avec son cœur piétonnier, autant la marina n’a rien à envier à « La Ligne » en termes de qualité de vie et d’éloignement de toute vie sociale.
Nous prenons donc un grand plaisir à decouvrir le bord de mer en fin d’après midi et à nous perdre dans ces quartiers animés jusqu’à une heure avancée de la soirée. Nous perdre a deux reprises d’ailleurs, l’une intentionnellement, comme toujours quand nous découvrons une ville, mais l’arrivée à l’hôtel nous réserve surprises, remue-méninges et sueurs froides… Quelle idée aussi de choisir un hôtel avec parking au beau milieu d’un centre historique presque intégralement réservé aux piétons ? Ceci dit, malgré l’absence de fenêtre dans la chambre, l’hôtel ne manque pas de charme, notamment un toit terrasse auquel nous n’accédons par conte que le lendemain matin.

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Le lendemain justement, nous ne traînons pas pour faire nos bagages, nous partons pour « Ronda » en passant par la montagne.
En particulier le col « puerto de El Boyar », qui culmine à 1103 mètres et dont je ne doute pas qu’il mérite son titre scientifiquement prouvé de lieu d’Espagne où la pluviométrie est la plus élevée.

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« Ronda » est donc une petite ville de l’arrière pays andalous, perchée au sommet des premiers reliefs des montagnes, charmante bien qu’un peu touristique, le centre historique où nous dînons est séparé du centre actuel par un précipice vertigineux qui semble couper la montagne en deux et qu’un pont non moins improbable enjambe. La vue est superbe depuis la terrasse que nous trouvons avant de repartir.

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Il est temps de retourner à « La Ligne », nous avons des courses a faire pour notre depart que nous espérons proche (naïfs que nous sommes) et un rendez-vous pour l’apéritif du soir avec un bateau-copains que nous suivons et que je n’ai pas pu prévenir à temps, ni pour la marina, ni pour la ville, ni pour le lounge bar…

Pour la petite histoire, un alternateur du bateau (et oui, encore un) présente des signes d’abandon, et donc, lors de notre escapade dans les terres, chemin faisant, nous sommes en quête d’un générateur portable dans les « ferreteria » des zones rurales au cas où il rendrait l’âme de manière plus définitive. Nous trouvons notre bonheur en arrivant à Ronda, donc, à défaut de « Honda », nous l’appellerons le « Ronda ».
Je dois reconnaître que ça fonctionne aussi bien car l’alternateur ne présente plus le moindre souci depuis que nous l’avons à bord. En même temps, ce n’est plus très important pour le moment car le plus gros consommateur électrique du bateau, le réfrigérateur, lui, ne fonctionne plus…

On a marché sur La Ligne

Ou en tout cas dans « La Linea de La Conception » qui est la ville frontière entre l’Espagne et le « Royaume uni ». Car oui, les espagnols ont une frontière terrestre avec l’Angleterre. Oui aussi puisque nous sommes allés à pieds a Gibraltar depuis la « Marina Alcaidesa » où notre trajet depuis Malaga nous a conduit.

Cette navigation est d’ailleurs fort confortable avec un temps de fillette qui me conduit à songer que nous aurions aussi bien pu entreprendre ce voyage à bord d’un trawler (bateau de voyage à moteur), mais ce n’est que mauvaise foi car le voilier est bien plus sympa une fois les voiles remplaçant la sourde complainte du diesel marin. Toujours est-il que cette nuit là, alors que d’autres traversent des bancs de poissons ou de dauphin, nous traversons des bancs de pêcheurs. C’est bien simple, à la tombée de la nuit sans lune, la baie de Marbella est constellée de lumières qui, une à une, avec l’avancée de l’heure disparaissent pour laisser place à un obstacle mobile qui rentre au port.
Du coup l’exploitation honteuse du moteur apporte le surplus de manœuvrabilité dont nous avons besoin… Manœuvrabilité mais aussi vitesse, et chemin faisant de pêcheur en pêcheur, nous rejoignons le célèbre rocher anglais avec plusieurs heures d’avances et le jour est loin de se lever. Décision est donc prise de mouiller à l’est du rocher, à quelques encablures du phare d’Alcaidesa pour aborder la « Bahia de Algeciras » en plein jour (ou baie de Gibralatar, c’est selon votre allégeance ).
La surprise est au matin, de decouvrir un paysage verdoyant aux accents de Bretagne. J’ai l’habitude de dire que c’est « météorologiquement » louche en découvrant une verte région, mais apres tout, ne sommes nous pas proches du territoire de la Perfide Albion ?

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Au détour du rocher, nous découvrons une baie disputée par d’énormes navires de commerce au ravitaillement ou au déchargement, autours desquels ils faut se frayer un chemin jusqu’à la marina.
L’accueil est chaleuereux et sympathique, comme souvent, mais encore une fois, comme à Malaga, la publicité Photoshop réalise des miracles et transforme en un magnifique complexe nautique serti de nombreux commerces une marina à peine à moitié finie bordée de marais en friche … Je l’avoue, je suis un peu déçu de la désolation qui règne dans ce parking à bateau plus qu’à moitié vide (ou moins qu’à moitié plein, à vous de voir). Et la déception monte d’un cran alors que je découvre que l’audacieux « Alcaidesa Lounge Bar » est en fait une gargote en préfabriqués. Force est de constater l’absence de concurrence et nous nous y restaurerons et/ou désaltèrerons quand même une paire de fois durant les TREIZES jours de notre escale.

Ce n’est que le lendemain que nous découvrons le vrais visage de « La Linea », j’entends par là un cœur de ville plutôt sympa et accueillant à défaut de vraiment joli cerné par un océan de désolation, quand meme parsemé ici et là de jolie rues qui disputent le territoire à des cités et des bâtiments délabrés. Je ne sais pas si la crise est passée par là ou si l’argent n’y est en fait jamais parvenu, mais ça a fait mal.

Nous profitons quand même à plusieurs reprises des plaisirs du marché couvert, de la terrasse de la place de l’église et d’un bar à tapas simple et de bon niveau nommé « Casa Puri » … Non, je n’invente pas.
C’est en plus le seul établissement qui je connaisse où le serveur décrète de lui même de ne pas servir un plat commandé car « ça faisait trop de pommes de terre avec les autres plats », je trouve ça sympa dans la mesure où je reconnais qu’il a raison.

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L’expédition a Gibraltar est une réussite, nous decidons de faire « nos touristes » et d’utiliser les services d’un guide motorisé pour decouvrir le rocher qu’autrement il faudrait gravir à pieds ou au moyen d’un téléphérique rouillé issu de la préhistoire. Je devrais dire une jeune guide, dynamique et non encore blasée de faire decouvrir son pays. C’est en sa compagnie que nous découvrons donc les colonnes d’Hercules, qui n’ont d’intéressants qu’un point de vue sur le Maroc en face, les tunnels du « grand siège » qui ne retiennent pas plus notre attention, une grotte joliement mise en valeur par des jeux de lumières colorées, mais surtout, surtout, l’unique chose qui attire les touristes du monde entier, nous inclus, je veux parler des … Singes de Gibraltar … Une colonie dans la colonie, 208 âmes plantigrades libres et cleptomanes, choyées, chouchoutées et soignées par la communauté. Nous adorons, et je me surprends meme à les trouver « mignons » malgré leurs hideux visages ridés. Comme beaucoup, nous ne sommes venus que pour eux, ne trouvons qu’eux d’intéressants et vous recommandons d’aller les voir si vous en avez l’occasion.
Pour le reste, Gibraltar se résume à une rue commerçante et touristique où les magasins d’électroniques a peine détaxés jouxtent les tabacs et spiritueux du même tonneau. Un bon point toutefois au pub « Lord Nelson » dont le « Fish And ships » surclasse, sans peine il est vrais, les terrasses peu attirantes des restaurants qu’il côtoie.

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A la nuit tombée, nous rejoignons l’Espagne en traversant à pieds la piste de l’aéroport international de Gibraltar qui n’a jamais su se doter d’une voie de contournement et dont les 3 vols quotidiens doivent se plier aux affres de la circulation frontalière comme un bateau devant un pont a bascule.