Le voyage de Takoumi

Saison 2

Dernières nouvelles

La République Dominicaine, le far west du plaisancier

La République Dominicaine « c’est le Far West » nous a-t-on dit au cours de la semaine que nous avons passée à Samana…Nous n’avons pas compris tout de suite, et pourtant, nous nous en sommes enfuis, un peu partagés entre le sentiment d’être accueillis chaleureusement à la mode latine, et malmenés par une bande de cowboys…

Samana est une ville sympathique et idéale en taille pour les plaisanciers, et pourtant, nous n’y étions pas bien accueillis et ne pourrions la recommander. Pour commencer, en arrivant de Puerto Rico dans la baie du Port Santa Barbara (de Samana), nous n’avons vu aucun moyen d’ancrer et aucun autre plaisancier. Nous avons tourné et fini par prendre une bouée libre sur les conseils d’un bateau local – bouée que nous paierons évidemment assez cher.

Samana et le « Bridge to nowhere »

PENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImageDix minutes plus tard, 6 hommes plutôt costauds ont débarqué à bord de Takoumi – dont un seul armé en uniforme de militaire. En trois minutes et sans aucune présentations, ils m’ont assaillie de questions tout en grimpant à bord, me bousculant pour aller littéralement se vautrer dans mon cockpit! Heureusement que la lecture du guide que nous avions téléchargé nous y avait préparé ! Ca fait tout de même un peu peur sur le coup, mais nous sommes restés calmes et avons bien-entendu cédé à toutes leurs demandes avec le sourire – y compris d’être dédommagés pour leur déplacement : le fameux « propuesto » reviendra souvent, en particulier concernant tout ce qui a affaire au plaisancier! Bon, il y a un bon côté bien que la procédure soit désastreuse : nous venions de passer la nuit en mer, et ils nous ont autorisé à aller dormir plutôt que de nous rendre immédiatement au bureau de l’Immigration, repos bien apprécié !

Aussi, le lendemain nous avions repris des forces sans savoir qu’il nous en faudrait. Nous avons commençé par attacher notre dinghy – tout pourri peut-être mais méritant ces derniers mois – au « muelle » ou ponton du port. Mais nous ne sommes pas tranquilles : ce ponton dangereux est fait pour de grands bateaux, et ne nous permet pas de sécuriser ou cadenasser notre annexe. Les « officiels » de la veille nous ont pourtant vivement conseillé de ne surtout pas oublier de le cadenasser…En fin de compte, l’annexe ne sera ni volée ni abîmée… Quelqu’un de bienveillant l’aura même attachée par l’arrière pendant notre balade, ceci pour contrebalancer sa fâcheuse tendance – que vous connaissez – à se retourner! L’entretien avec la gentille dame de l’immigration s’est bien passé malgré la centaine de dollars que nous coûte la taxe gouvernementale.

Nous avons décidé d’être prudents le matin suivant, et d’oublier le hors-bord choisissant de ramer péniblement jusqu’au muelle… Notre dinghy est pitoyable mais il est fidèle! Prévoyants, nous avons demandé au « vigilante » – le garde de sécurité militaire – de le surveiller et de nous trouver un service de « taxi-boat » envisageant de dîner en ville un soir. C’est ainsi que nous avons rencontré Mingo avec qui nous avons sympathisé tout au long de la semaine. Il nous attendait sur le ponton à notre retour ce jour-là et ça tombait bien, puisque le vigilante était rentré chez lui, et que notre annexe était tout simplement crevée!
Bonne nouvelle pour Mingo dont la mission avait grossi d’un coup pour le reste de notre séjour…sans compter que quelques jours plus tard, en quittant le site de los Haites, une manœuvre notablement foireuse et mal préparée a propulsé notre annexe fraîchement réparée sur des moules saillantes du ponton d’accueil mal adapté…
Triplement crevée nous peinons encore à la faire durer…

PENTAX Image

A noter aussi de ces deux jours en baie de San Lorenzo que chaque mouvement du bateau doit faire l’objet d’une démarche administrative auprès de la commandancia pour obtenir une autorisation de circulation appelée « despacho » est qui n’est délivrée qu’une demi heure maximum avant l’appareillage… Autant dire que si la destination est belle, ces démarches gênent drastiquement un simple allez-retour d’une vingtaine de miles.

Une après-midi, nous avons confié à Mingo la mission de nous organiser un tour en bateau de pêche pour nous approcher des baleines. C’est alors le « far west » jusqu’au lendemain matin, notre capitaine change trois fois en 24 heures et à 6h30 du matin, heure du RDV nous l’attendons une bonne heure. Je me suis alors heurtée avec le responsable (introuvable au départ) et j’ai demandé un dédommagement pour inverser quelque peu les rôles… Les discussions ont duré 48 heures et nous n’avons obtenu qu’une maigre excuse de la part du prestataire. Alors… le plus important était les baleines et elles sont fabuleuses bien que difficiles à approcher, même en puissant bateau de pêche!

IMG_3087IMG_3092  IMG_3084IMG_3086

Le dernier jour a Samana, nous n’avions plus qu’à régler les formalités pour quitter la ville, l’inévitable despacho, nous connaissions donc la procédure – et tous les militaires de la Commandancia de Samana à ce stade. Même si nous avons été surpris de constater qu’un despacho de départ « sans retour » n’est remis qu’une fois à bord par le (ou les) représentant(s) de l’armée chargé(s) de nous raccompagner jusqu’au bateau…
Les choses auraient dû se passer simplement, mais au dernier moment, nous étions attendus sur le muelle par une autorité portuaire « surprise » pour nous piquer encore quelques dollars…Il s’agissait de payer le fait de nous être arrêtés dans ce port… en plus de la bouée, règle aléatoire et clairement remise en cause dans notre guide…

Heureusement que pour clore notre séjour, la douane, la cellule narcotique et les militaires de la Marina Oceanworld de Puerto Plata, notre comité d’arrivée et de départ, ont été courtois et respectueux, y compris pendant la fouille du bateau, et n’attendaient pas de propuesto, seulement 20 dollars pour un dernier despacho afin de pouvoir quitter l’île. Et malgré cette ultime expérience indolore, nous avons conclu que la jolie République Dominicaine n’est pas adaptée à la navigation du plaisancier – et qu’il vaut mieux la visiter par la terre.

PENTAX Image

La République Dominicaine, grande île aux multiples reliefs

Nous avons choisi l’immense baie de Samana pour arriver au Nord Est de la RD et ainsi pu apercevoir quelques baleines lors de notre approche, magique… de n effet, c’est en la saison annuelle pendant laquelle elles viennent mettre bas – et nous ne voulions surtout pas rater ça!
Parvenus en ville, nous sommes immédiatement mis dans le bain, alpagués par le voisin de palier de l’immigration « Samuel » alias guide touristique motorisé, qui souhaitait nous cueillir tout frais pour nous véhiculer dans la région. Nous avons bien eu du mal à nous en débarrasser, de Samuel, et avons arpenté la ville au pas de course derrière lui, qui avait décidé – de lui-même – de nous faire une visite guidée de la petite ville – au lieu de simplement nous indiquer le marché…Pour quelques dollars, le fameux propuesto ou tip, le pourboire local. Ici, le propuesto est normal donc il convient parfaitement de nous adapter à ce qui est de la culture locale, juste, n’étant pas habitués, il faut s’accrocher pour refuser ces petits services incessants et accepter de payer ceux que tu ne réussis pas à éviter…Et j’ai vite pris conscience à quel point notre culture à nous, ne nous a pas armés pour refuser incessamment avec le ton performant, pour ne pas nous sentir harcelés. J’ai fini par le trouver – à la troisième tentative avec Samuel…peux mieux faire, vous en convenez!

IMG_3040IMG_3104IMG_3038IMG_3093IMG_3103IMG_3099IMG_2940IMG_2938IMG_2942

De bon matin, Samana avec son marché et ses ferreterias ressemble à un joyeux souk très vivant, bordélique et agréable. La ville toute entière grouille de motos (sans casque), de motos concho (taxis pour une où deux personnes) et de guaguas (bus locaux). Et le bon côté de notre rencontre avec Samuel est qu’à 11 heures, nous avions déjà visité la ville et n’avions plus qu’à choisir un bar « bureau wifi » – de référence jusqu’à la fin du séjour. Ce fût au hasard « Le café de Paris » :) tenu par un couple franco-dominicain très intéressant…
De notre bureau, nous avons donc pu organiser les premiers jours dans la région que nous avons passés en bonne compagnie : avec Yves, le père de notre bon ami Raphaël, et Luc avec qui Olivier avait travaillé sur le tour de France il y a des années. Yves vit ici plusieurs mois par an et connaît bien le coin, qu’il nous fait découvrir : sa chouette maison à Las Terneras, les plages, les lolos, le village de pêcheurs de Sanchez et la grandiose chute « el Salto del Limon ». Nous avons rejoint ce site à dos de cheval avec Luc et bravé la baignade insolite et, un peu dangereuse, au pied de la cascade spectaculaire. À la descente de laquelle, affamés, nous avons goûté le traditionnel cochon grillé avec Yves au village Las Terneras. Pas mal le cochon!

IMG_2961IMG_2956IMG_2997IMG_2987IMG_2976IMG_2979IMG_2984IMG_2945

A propos de cette chevauchée, les ballades au Salto del Limon sont chaperonnées par de jeunes adolescents, qui nous jurent faire ce job en dehors des heures de classe. Première sensation que « on ne nous dit pas tout »…Le vendredi matin l’école est apparemment fermée jusqu’à lundi? J’ai d’abord cru qu’ils faisaient le « pont » ayant lu que le jeudi de la veille était un jour férié – mais après enquête, personne ne semblait connaître ou respecter cette fête nationale..Et, me croirez-vous si je vous dis que parvenus au lundi en question, tout était fermé – notamment l’école – parce que, eh bien oui, c’était un jour férié « décalé »?? L’explication qu’on nous a donnée est que le Président de la singulière République Dominicaine l’aura décrété « last minute » de façon à prolonger son WE par voie de presse et de bouche à oreille. Il paraît que c’est l’une de ses habitudes..Bref, on n’y comprend rien en République Dominicaine…

Quant aux enfants, je pense qu’ils travaillent dès qu’ils peuvent pour gagner quelques dollars et qu’on leur a appris à mentir aux étrangers afin de ne pas heurter nos valeurs de « Gringos » – alias touriste que l’on essore… les chevaux également nous ont parus bien jeunes pour travailler aussi dur sur les caillasses! Nous avons appris plus tard que l’école est d’un niveau très faible et perpétue l’illettrisme au sein de la population locale. Il paraît que le président – quand il n’est pas en WE – investit plutôt pour le développement des universités…

Ensuite, nous avons quitté Samana 24 heures pour visiter les grottes de los Haites plus au Nord. La baie de San Lorenzo était déserte et la région ressemble à une miniature de la baie d’Along. Ce mouillage au milieu de centaines d’oiseaux est magnifique, le sympathique gardien du temple s’est imposé comme guide du site – contre propuesto bien sûr…

IMG_3050 IMG_3052 IMG_3053 IMG_3059 IMG_3063 IMG_3067PENTAX Image PENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImageIMG_3073PENTAX Image

A ce stade, nous étions contents de changer de port en République Dominicaine et nous sommes partis passer deux jours à la Marina Oceanworld de Puerto Plata pour clore notre séjour. Le lieu ressemble à Cannes l’hiver avec Casino, boite de nuit et de nombreuses zones réservées à un Club très sélect de vacanciers, dont nous ne faisons pas partie. J’ai trouvé que c’était assez représentatif des deux « mondes » qui coexistent dans ce pays. La jolie ville de Puerto Plata était en travaux malheureusement, en friches plus exactement mais cette escale nous a permis de nous organiser à la marina qui offre un service de transport au supermarché, des douches – moyennes mais avec de l’eau chaude s’il-vous plaît ! – une laverie et de l’eau à quai pour le grand nettoyage de Takoumi, avant son départ en direction des Bahamas!

IMG_3109 IMG_3115IMG_3114

Il est beau, il est chaud, il est DISPO !

Il apparaît notable en ce début de 21 siècle que l’humanité n’a jamais conservé autant de données sur un support aussi volatil que l’informatique. Par exemple, nous tenons pour certitude que les dessins des grottes de Lascaux ne seraient jamais parvenus jusqu’à nous s’ils avaient été peints sur un disque dur …

C’est la moindre des raisons pour laquelle aujourd’hui, nous sommes fiers de vous annoncer la publication de notre livre:

« Les aventures de Takoumi,

saison 1,

la traversée de l’Atlantique ».

IMG_0055

Vous pouvez d’ors et déjà le commander aux éditions « Edilivre » à l’adresse
Cliquez pour commander

Il y a même un extrait en téléchargement disponible sur la page de commande !

Nous espérons que vous et vos amis y retrouverez ou découvrirez avec plaisir les articles du blog que nous avons obstinément écrits et mis en ligne depuis notre départ jusqu’à notre pause cyclonique dans un port de Guadeloupe.
Ce livre est l’incontournable support mémoriel que vous aimerez présenter à vos invités quand vous évoquerez notre odyssée.
Ce volume peut également se révéler très pratique pour caler une armoire.

Nous souhaitons vous prévenir qu’hormis la correction de quelques fautes d’orthographes et une sélection drastique des photos qui se révèlent de piètre qualité à l’impression, le contenu reprend sans ajouts ni bonus les articles du blog que vous pourriez avoir exhaustivement déjà lu.

… Nous vous l’accordons, notre contribution à l’art et à l’histoire est autrement plus modeste qu’un ensemble de peintures rupestres, nous espérons néanmoins que quelques uns des rares exemplaires vendus survivront aux inondations, aux bûchers de la prochaine inquisition et à l’inexorable altération par le temps pour en retrouver au moins un, au crépuscule de notre existence, au hasard d’un étal de brocante.

Une histoire du côté Ouest des Antilles.

Belle journée de navigation vers l’Ouest depuis Vieques pour rejoindre le Sud de la bien chantée « Puerto Rico, You lovely island  »

De cette journée, nous retenons depuis la mer une partie orientale particulièrement verte et naturelle qui, peu à peu, laisse place à des pentes plus arides et sèches aux pieds desquelles s’installent de grandes zones industrielles et leurs immenses cheminées.
De fait, c’est un soulagement de découvrir notre destination, ensenada Salinas, nichée au cœur d’une riche et luxuriante mangrove au sein d’une côte protégée par de nombreux îlets et leurs récifs. Quel magnifique écrin pour les nombreux pélicans et, grande première pour nous, les Manatees (lamentins en français) dont l’un d’entre eux, que nous avons sans doute dérangé dans sa paisible traversée du chenal, nous salue vivement de sa queue en essayant d’éclabousser une Manuela-sur-le-pont hilare.

IMG_2887PENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImageIMG_2731

Alors bien que le mouillage de Salinas soit surpeuplé par les nombreux bateaux locaux réfugiés dans ce trou à cyclone et que l’accès se révèle « un peu » incertain en une occasion (1.9m au sondeur pour nos 2m de tirant d’eau), nous sommes bienheureux d’y plonger notre pioche. Impression renforcée par la petite marina et son accueil.

PENTAX ImageIMG_2727

Notre première excursion hors des murs de la marina est une expédition « courroies » car depuis quelques jours, nous en utilisons une mal adaptée suite à l’usure ultra-précoce de la dernière valable bêtement gâchée par un défaut de tension indépendant de notre volonté. Le plan au stylo de Miguel est sans nul doute insuffisant, mais dessiné de bon cœur et nous nous lançons plein d’entrain à l’aventure … rattrapés avant même le portail par Keith qui nous propose de nous emmener en voiture. Vu le plan et la distance, nous ne refusons pas cette bonne fortune, d’autant plus que le premier magasin auto dispose de courroies adaptées. L’influence des Etats-Unis est bien plus implantée ici, et l’urbanisation pro-voiture y correspond bien. Nous en profitons tout de même pour rentrer par nos propres moyens (pieds et jambes donc) et découvrir le village de Salinas. Certainement charmant en pleine saison, mais radicalement vide et désœuvré en cette période calme. Nous passerons le reste de la journée sur la terrasse de la marina à profiter du meilleur wifi disponible depuis bien longtemps.

IMG_2721

Dès lors qu’il est entendu que la place est confortable et équipée, notre programme d’excursion connaît un essor fulgurant et, sans quitter la marina, nous louons une voiture le lendemain matin pour partir à la découverte de San Juan, au Nord de l’Ile.
Merveilleuse surprise, un « léger » surclassement nous évite pour une fois le pot de yaourt insalubre dont nous sommes coutumiers depuis Grenade. Revers de la médaille, nous sommes irrémédiablement assimilés à des touristes américains affublés de notre Jeep verte.

IMG_2733
Le trajet presque entièrement autoroutier se passe bien, hormis un léger cafouillage aux premiers péages automatiques dont ceci dit, nous n’avons toujours aucune idée à ce jour de comment et de combien ils nous seront facturés. Aux abords de la vielle Ville de San Juan, par contre, la situation se complique vite avec les embouteillages générés par l’organisation d’une énorme fête pour le lendemain, nous nous réfugions donc dans le premier parking venu (le meilleur choix qu’il ait été de faire).

Dans l’enchevêtrement de rues bariolées de la capitale, nous discutons avec un couple d’artisans dont nous aimons beaucoup les tableaux (enfin … certains tableaux) et dégustons la spécialité locale, le mafongo, avant de nous rendre à la forteresse qui protégeait l’entrée de la baie de la ville.

IMG_2739IMG_2740IMG_2748IMG_2749IMG_2751IMG_2763IMG_2769IMG_2773IMG_2775IMG_2778IMG_2788IMG_2791IMG_2794IMG_2795IMG_2796IMG_2798IMG_2800IMG_2808IMG_2811IMG_2833IMG_2835
Située à la pointe de l’isthme, au delà d’une grande prairie, la forteresse est très bien entretenue et très visitée par les touristes qui font défaut au Sud de l’île et nous nous amusons beaucoup à passer et repasser à plusieurs reprises dans les mêmes escaliers circulaires et/ou triangulaires.

IMG_2810IMG_2817IMG_2819IMG_2822IMG_2823IMG_2825IMG_2827

A l’issue de la visite, nous retournons récupérer notre carrosse pour une procédure d’exfiltration magistrale à destination de la forêt et du retour par les petites routes de l’Est. Le détour est inutile, hormis la cascade du « Bosque de Junca », le reste du parcours est effectué de nuit et ne fera que confirmer l’influence de la culture d’Amérique du Nord représentée par un fast food, principalement Burger King, tous les 3 ou 4 kilomètres.

IMG_2837IMG_2846IMG_2878

Culture qui nous est infiniment plaisante le lendemain quant il s’agit de faire des provisions dans un supermarché de type « continental ». L’après midi étant réservé à une promenade dans les montagnes par la route « touristique » qui n’a finalement que peu d’attrait. Je retiens tout de même de cette promenade l’implantation d’entreprises technologiques qui semblent de bon niveau sur l’île.

IMG_2856IMG_2867

Après une bonne nuit de repos, nous partons pour Ponce, qui se trouve être cette fois-ci une affreuse déception. Bord de mer laid et repoussant comme pas possible, marina sans mouillage et chère.
Bien que notre nouveau guide indique cette ville comme étape de premier choix, nous nous enfuyons vite fait bien fait pour un mouillage idyllique comme nous les aimons sous le vent de l’île « Cayo de los Muertos », où la nature reprend ses droits. Notamment celui de nous faire découvrir des ailerons sans doute de petits requins qui n’effraient pas Manuela qui se précipite pour une baignade mais ne parviendras pas à les rejoindre.

IMG_2889

Dès le petit matin, nous partirons pour notre ultime mouillage à Puerto Rico. Après, avoir contourné la pointe de l’île, nous découvrons « Boqueron » la dernière baie de ce pays comme nous avons trouvé la première … entre deux récifs 😉
Nous n’y resterons qu’une journée pleine, mais nous apprécions l’accueil chaleureux des habitants de ce village balnéaire, la simplicité des restaurateurs ambulants (mais sédentaires) qui nous préparent « Bacalaocitos » (galette fritte à la morue) « Almedras » et « ostras » (clams et huîtres).

IMG_2894IMG_2898IMG_2906IMG_2912

Les formalités de sortie sont effectuées à 30 kilomètre de là, à Mayagez, en taxi, le matin du départ pour la République Dominicaine et nous quittons une nouvelle île à regret mais heureux de ne pas l’avoir survolé malgré nos quelques jours de retard sur le planning.

Menu complet aux « Spanish Virgin Islands »

Notre documentation s’arrêtant aux îles vierges, nous tergiversons, ou discutons longtemps c’est selon, au moment de choisir quelle île de « Culebra » ou de « Vieques » doit être notre halte sur le chemin de Puerto Rico.

Vieques était encore récemment une île de garnison et nos cartes pourtant à jour font état de nombreuses zones d’entraînement, de dépôts et d’interdictions diverses qui n’ont plus lieu d’être (sauf les zones dangereuses pour cause de munitions perdues peut-être ?) Mais comme nous n’en avons aucune confirmation, nous choisissons de nous arrêter à Culebra.

La météo annonce un peu de vent du nord et nous souhaitons repartir dès le lendemain pour nous cacher derrière l’Ile principale de Puerto Rico.

Le mouillage officiel de Culebra, ensenada Honda, est une profonde anse dont l’entrée est gardée par deux récifs à fleur d’eau ne laissant qu’un passage assez étroit, comme s’il n’avait été ouvert que pour permettre l’accès aux navigateurs les plus téméraires ou, à tout le moins, les plus avides de repos.
Que l’entrée soit belle est une chose, le fond de l’anse par contre, est plus quelconque, un peu encombré mais pas trop, mangrove d’une part, village de l’autre et magnifique pont levant repeint de frais mais hors d’usage, et surtout, tout comme à St-Thomas, le vent y est plus fort qu’à l’extérieur … sans doute à cause du vent du nord de ces jours-ci, qui n’est pas dominant normalement ici, mais tout de même, cela commence à bien faire !

PENTAX Image

Comme le temps nous est compté avant la fermeture du bureau de douanes (CBP), nous descendons promptement l’annexe et nous retrouvons devant l’embarras du choix … la rive de la baie est constellée de pontons … dont 9 sur 10 sont privatifs, et seul le ballet incessant de petits avions de tourisme nous donne une vague idée de la localisation de notre objectif administratif. Nous dédaignons le « town dock » et optons donc pour une approche efficace et multi-usage, le « dinghy bar » dont le dock s’étend le long de sa terrasse et où nous trouvons renseignements, conseils et rafraîchissements. Là, commence une nouvelle part hispanophone de notre voyage. D’ailleurs, sur le chemin du CBP de l’aéroport, nous découvrons avec plaisir une ambiance plus amérique latine que nordique, et ceci malgré les innombrables Jeep de location bleues, rouges ou vertes, qui sillonnent inlassablement les deux seules routes principales de la petite île.

Enfin rendus à l’aéroport, l’accueil est très bon, affable et précis pour l’officier du CBP, sympathique et souriant pour les autres. Les indicateurs sont au beau fixe, mais c’est sans compter la procédure … Il aurait fallu téléphoner au bureau central avant pour initialiser notre dossier de « cruising permit » ! Car, bien que Manuela et moi sommes officiellement entrés aux États Unis depuis plusieurs jours, ce n’est pas le cas de « Takoumi » … Rien de grave, ils ont l’habitude que les USVI ne s’en chargent pas, mais il faut quand même téléphoner séance tenante et revenir demain pour obtenir le fameux sésame. Le coup de fil est vite réglé, les officiels ayant même eu la gentillesse de s’arranger entre eux, toutefois … « pas de problème pour le permis, revenez demain ! » … Voilà comment on fait pour se faire coincer par un petit vent du nord bien frais à un endroit où on n’avait pas prévu de rester plus que nécessaire.

IMG_2667IMG_2678

Ceci entendu, nous ne nous faisons pas prier pour aller visiter l’unique village de l’île, malheureusement vide d’animation mais gaiement coloré, et aussi pour faire halte au Dinghy Bar où nous avons repéré une excellente connexion wifi que nous ne retrouverons pas sur le bateau même après nous être approchés.

IMG_2680IMG_2682IMG_2688IMG_2690IMG_2691IMG_2693IMG_2705IMG_2707IMG_2708IMG_2709IMG_2710IMG_2712IMG_2713IMG_2714

Le lendemain, permis en poche, nous investissons la place avec ordinateurs, tablettes et téléphones pour une longue séance « de bureau ». Le vent monte, la température chute et les nuages s’accumulent. Pas trop de motivation pour le tourisme en somme. Par contre nous découvrons à quelques centimètres du ponton d’énormes poissons – des tarpons – qui nous feraient presque craindre pour l’annexe. Voilà pour la journée de perdue.

Ce n’est que le surlendemain de notre arrivée que nous nous lançons malgré le vent insistant dans une expédition en annexe qui nous mènera de nouveau au village (où d’autre ?) et dans un restaurant caché dans la mangrove pour découvrir la spécialité locale.

Enfin, après une dernière nuit, malgré un vent un peu moins fort (mais à peine) que la veille, nous partons enfin pour … Vieques, seul l’annonce du mauvais temps nous obligeait à choisir, maintenant qu’il est derrière nous … c’est fromage et dessert !

Et pour ce dessert, nous choisissons, ensenada Sun Bay, une belle et large baie bordée d’une immense plage où nous pouvons enfin nous baigner, accompagné s’il vous plaît de magnifiques raies léopard. Et de tout cela, nous profiterons seuls en soirée, car les plaisanciers d’ici ressemblent à ceux de l’Italie et se précipitent dans les zones peuplées avant la nuit tombée.

IMGP6598a

PENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX Image

Virgin highlights de Tortola à St Thomas

Le mouillage de Soper’s hole à la pointe ouest de Tortola, bien que joli, s’est avéré encombré et très cher…seulement pratique pour la sortie des BVI avec un ponton pour dinghys attenant aux services concernés.


Sur l’île de Saint John, c’est une autre histoire! Le mouillage de Cruz Bay (seul « port » d’entrée et sortie) est essentiellement réservé aux bateaux locaux sur bouées, encombré, et nous peinons à y trouver une place à l’ancre. C’est pourtant prévu et possible d’ancrer maximum 3 heures au N-O du chenal, seulement il y peu de fond et peu de places. Nous galérons franchement une bonne demi-heure en chercher une solution et finissons par rebrousser chemin – lorsqu’un bateau américain tout juste sorti du chenal fait demi-tour pour nous rejoindre et nous propose d’utiliser sa bouée ! Je retrouve avec plaisir l’accueil et le pragmatisme des américains!
Nous nous présentons donc – pour la première fois – au CBP, soit le Customs and Border Protection pour faire tamponner nos visas B1/B2 (obtenus à Paris l’été dernier) et entrons aux États-Unis en deux temps trois mouvements. Nous pouvons y circuler 6 mois librement à présent, mais concernant le bateau, c’est une autre histoire…Note pour les navigateurs, on ne nous l’a pas proposé mais si possible, je conseille de faire faire une « Cruising Permit » pour le bateau aux USVI pour être débarrassé le plus vite possible des clearances en personne.

IMG_2599 IMG_2598 IMG_2597 IMG_2588 IMG_2587 IMG_2583 IMG_2582 IMG_2581

En attendant, nous découvrons avec joie la petite ville colorée de Cruz Bay (pointe ouest) quelques heures et partons dormir au Sud ouest de l’île à Rendez-Vous bay. Nous sommes seulement 2 bateaux voyageurs dans cette immense baie très bien protégée du vent et de la houle du N-E. l’endroit est magique, nous nageons avec les tortues et donnons à manger aux bébés requins dormeurs qui se plaisent à se gratter sous la coque.

Nous aimerions rester dans ce havre de quiétude, mais il nous faut avancer si nous souhaitons rejoindre le « mainland » de Puerto Rico avant un coup de vent annoncé qui risque fort de nous bloquer quelques jours…
Nous rejoignons vite Charlotte Amalie à Saint Thomas Harbour au milieu de la côte sud de l’île St Thomas.

IMG_2610
Cette ville s’organise autour de la baie où nous partageons le plan d’eau avec hydravions et Gros Croiseurs! L’architecture de St Thomas est « ancienne », restaurée et très joliment mise en en valeur. La ville est très aérée également par de nombreux passages piétons où trônent toujours un tiki bar ou l’autre. Notre dernière expérience des USVI se passera dans l’un d’entre-eux investi pour moitié par des semi-locaux et pour l’autre, par des Panaméens venus arroser amplement leur vacances en famille. Comme à notre habitude nous nous sommes laissés vivre ce moment en bonne compagnie avant de repartir, avec une peu de retard vers les Grandes Antilles!

Plan d’eau de Saint Thomas

IMG_2657 IMG_2654  IMG_2643 IMG_2641 IMG_2640  IMG_2638  IMG_2632 IMG_2631 IMG_2630 IMG_2629 IMG_2628 IMG_2627 IMG_2626 IMG_2625 IMG_2624 IMG_2622

IMG_2650IMG_2636

Des Saints aux Vierges, arrivée à Virgin Gorda

La traversée nocturne jusqu’à la première des îles vierges s’est fort bien passée, bien que houleuse et – une fois encore – trop rapide…Si bien que nous sommes obligés de perdre deux bonnes heures devant la passe de Round Rock qui permet d’accéder à Virgin Gorda en appelant le lever du jour de nos vœux. Pas d’ultra-performances, erreur de routage de notre part cette fois…Nous n’avions pas mesuré la distance jusque la passe en prévoyant la route, mais jusqu’à destination…trop bêtes!

IMG_2572
Mais nous voilà enfin arrivés à Saint Thomas Bay, en face du Virgin Gorda Yacht Harbour vers 8h. Nous dormons deux heures et partons bonhomme allant faire les formalités…houleuses également, parce que j’ai oublié de prendre un stylo pour remplir les formulaires en triple exemplaires, et que deux des officiels en charge refusent de me prêter le leur. En quémandant au troisième, il me répète le même discours, à ce stade, comme un disque rayé dans mes oreilles agacées :  » I only have ONE pen and it is my personal pen that I brought from my house  » en brandissant son stylo tout droit en l’air devant mes yeux…Mon énervement se ressent (bien que je le déconseille…) et ce dernier consent à me le prêter tant qu’aucun autre client n’approche son guichet que nous surveillons donc nerveusement. Et lorsqu’enfin, nous finissons de remplir les papiers, rendons le stylo sacré, la dame de l’immigration trouve le moyen de me signaler que j’ai oublié de remplir l’une des cinquantaine de cases – en me tendant le formulaire pour le compléter….La coupe est pleine, stoïque je lui répond que soit elle me prête son (satané) stylo – hors de question que je redemande aux deux autres – soit elle la corrige elle-même – avec calme cette fois ce qui semble mieux marcher….Il semblerait même qu’elle ait trouvé la solution en allant piquer le stylo de son collègue en pause – le plus renfrogné hihihihi 😀.
Conclusion : ne plus jamais oublier son stylo en allant faire les formalités ! Mais nous y sommes et n’y retournons plus, en tous cas pas ici…Nous allons pouvoir profiter de ce plan d’eau étonnant pendant les jours qui viennent.
En effet, Nous avons navigué de Virgin Gorda à Tortola (les BVI, îles vierges britanniques) à Saint John et Saint Thomas (les USVI, îles vierges américaines) pendant cinq jours et comprenons sans mal l’intérêt – essentiellement des américains – de louer un catamaran pour une à deux semaines de vacances! Le plan d’eau est agréable et magnifique : il y a des îles, des îlots, des mouillages et des petites marinas partout que l’on rejoint facilement en une demi-journée tout au plus.

Pour l’heure, nous quittons le bureau des formalités, faisons un rapide tour aux alentours assez déserts et peu animés par le « cosy » Yacht Harbour où nous nous désaltérons, pour reprendre immédiatement le chemin du site des Baths à une embouchure de là. Les Baths sont très beaux et nous offrent une ballade au travers de labyrinthes de rochers ressemblant aux menhirs d’Obelix entrelacés de rives de sable blanc et mer turquoise. Nous rentrons à la nage du Devil’s cave au bout de l’île et nageons avec raies et tortues au milieu de ces rochers sus et sous-marins impressionnants. Pour une raison que l’on ignore et ne questionnons surtout pas, tous les bateaux ont quitté le site vers 18h pour nous laisser dormir seuls sur ce site insolite…Nuit réparatrice après la veille en mer et avant de rejoindre l’île de Tortola demain.

La Saint Sylvestre à Sint-Marteen

« Mais qu’est-ce qu’ils racontent les Takoumies ? Ils y sont déjà allé l’année dernière à St-Martin ! », eh bien oui, et honnêtement, bien que nous ayons apprécié la baie de « Grand Case », nous n’avons pas vraiment envie d’y retourner … surtout pas pour le jour de l’an. Toutefois, comme St-Martin est un peu plus qu’un peu moins un arrêt indispensable avant de se lancer vers les îles vierges, nous jetons notre dévolu sur la partie hollandaise de l’île … et nous découvrons avec bonheur une toute autre facette de cette terre partagée.

Nous posons l’ancre dans Groot’s Bay à Philipsburg, berceau du tourisme de masse grâce à son superbe Cruise ship dock, dont nous adorons observer le manège quotidien. Cette moitié d’île s’avère un vrai melting-pot! Elle grouille harmonieusement de multiples langues et de cultures qui travaillent dur pendant la haute saison.

En mission pour équiper et bricoler le bateau, nous partons en bus à Cole bay au centre du Simpson bay lagoon. Tous les coups sont permis pour le conducteur de ce mini-van afin d’éviter les embouteillages et les feux d’artifices de rue : chaussées, trottoirs, sens interdits…
Le lagon est vaste et protégé par deux ponts à bascule, d’un côté de la mer, et de l’autre…de la partie française! D’ailleurs, il paraît que du côté hollandais, on fait du « business » et de l’autre on profite de la vie – ou des Assédics :( nous dit-on – ce discours nous est tenu des deux côtés qui plus est! Ayant vu la partie française en Avril nous comprenons néanmoins ce sentiment et le versant hollandais est très construit en comparaison. Le revers de ce constat : les gens galèrent un peu et nous demandent souvent au coin d’un ponton « do you have work for me? » J’avoue que personne dans la baie de de Marigot ne s’était proposé de nous aider la saison dernière malgré nos appels…

Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il doit exister un juste équilibre entre être payé au jour le jour, sans aucune garantie ou couverture santé – pour ne citer que ça – et être – parfois – au dépens d’une société où le travail s’amenuise avec la disponibilité des services… Saint Martin est une île intéressante de ce point de vue et nous rencontrerons pas mal de français qui y travaillent justement. Le fond du problème demeure, l’éducation – qui permettrait à bon nombre de locaux de mieux s’en sortir – bien qu’ils peuvent s’ils en ont la volonté ici – mais les places sont majoritairement attribuées à ceux venus d’ailleurs avec leurs précieux bagages, instruits en Europe, aux États Unis ou ailleurs. En réalité, nous avons adoré notre séjour à Sint Maarten, qui m’a laissé un sentiment très positif s’agissant d’offrir sa chance, sinon à tous, sans barrière culturelle, favorisant la tolérance et la mixité que nous avons réellement rencontrée à cette étape.

IMG_2533IMG_2542IMG_2544

 

 

 

 

 

 

 

 

Avantage irréfutable pour nous, nous trouvons rapidement tout ce que nous cherchons – ou presque – à Cole bay et à Philipsburg, même en période de fin d’année! Bon, pas de nouvelle annexe, sniifff…peut-être en Floride maintenant…mais nous avons bien bossé!!! Nous avons également fait une très belle rencontre – Éric et Sandra par le biais du shipchandler où Éric travaille. C’est un couple franco-néerlandais qui a bourlingué et s’est finalement installé sur cette île depuis plusieurs années. D’abord instructeurs de plongée, capitaine d’anciens bateaux de l’America’s Cup et tout récemment chefs d’une petite entreprise qui donne des formations de premiers secours que Sandra, ancienne infirmière, développe avec énormément de passion. Nous avons passé deux soirées très sympas ensemble, riches de conseils de leur part et de partage d’expérience.

Bateaux de l’America’s Cup et le Cruise Ship dock, derrière Takoumi au mouillage:

IMG_2555IMG_2547

Toutes les personnes que nous abordions à Philipsburg souhaitaient nous aider , même ceux qui ne savaient pas essayaient de nous indiquer une autre personne à consulter. C’est comme ça que nous nous sommes sentis accueillis et avons pu installer un contrôleur de batteries sur Takoumi, faire remplir nos bonbonnes de gaz par « King Gas » – qui s’occupe habituellement de grandes unités- faire laver notre linge par des chinois que nous ne comprenions pas…

IMG_2534IMG_2558IMG_2549

Et le dernier soir, nous avons rencontré Etna, « comme le volcan », une philippine qui nous a rappelé la particularité de ces îles en nous contant son parcours. Fin des années 70, elle vivait en Belgique alors qu’elle faisait partie d’un groupe de musique avec sa sœur, quand on leur proposât de donner un concert à l’étranger. Elle se rappelle avoir eu le choix entre Saint Martin et une autre destination mais opta pour la chaleur des Antilles. Seulement arrivées sur place, c’est le moment choisi par un ouragan pour tout dévaster, y compris le toit de la maison qu’elles louaient. Ils n’avaient pas d’eau potable et peu de vivres des semaines durant. L’aéroport détruit, plus de vols. A l’arrivée tardive d’un container, il a fallu se battre pour attraper des bouteilles… Elle dit et redit combien cette période était dure, et pourtant, sa sœur et elle ne sont jamais reparties de l’île après avoir participé à toute cette période de destruction – et de reconstruction. Aujourd’hui, une vingtaine de membres de leur famille habite à Saint Martin. Et pour sa part, elle préfère le côté français pour la qualité des vêtements :) qui ne viennent pas d’Inde dit-elle!

Et quid de notre réveillon? Pour tout vous dire, nous avions bien fêté le 30 déjà, aussi le 31, nous avons tenu jusqu’à 22h après seulement l’entrée du succulent repas de fête prévu…Par chance, le feu d’artifice majestueux – et surtout tout près – nous a réveillés à minuit. C’est à l’avant du bateau, presque seuls au mouillage au fond de la baie, avec 20 nœuds de vent de face que nous avons assisté à ce beau spectacle. Bonne année à tous!!!

 

IMG_2566IMG_2569     IMG_2554

Noël à St-Barth

« J’ai passé Noël à St-Barth et toi ? » – Rien que l’articulation de cette phrase dans ma tête fait résonner en moi l’insupportable insouciance égocentrique et mégalomane d’une société arrivée (souvent avant d’être partie) que l’on croise dans les lieux les plus riches de la planète … Et pourtant, j’y étais !..

A l’origine de cette étape, nous avons tout de même un peu de mal à partir de Guadeloupe car le tour d’Antigua a laissé quelques séquelles, notamment en terme de fatigue et en un mot comme en cents, nous manquons de patate pour affronter une météo agitée. Par contre, après un bref repos bien mérité (il me semble), la fenêtre s’ouvre et nous partons pour une journée et une nuit qui nous conduisent directement à « St-Barthelemy » via un crochet par « Montserrat ». Parce que bon, nous avons assez fréquenté « Antigua » pour cette année.
Cependant, il doit exister une tension inconsciente entre nous et l’île de « Monserrat », car notre trajet ne prévoit pas de nous y arrêter. Cette fois, nous croisons sous son vent, afin d’y découvrir les ruines de « Plymouth » et les cicatrices de la montagne, qui même à belle distance, témoignent de la férocité du volcan. Ce léger détour vaut à cette île le titre de « bout de terre dont nous avons le plus fait le tour sans jamais y avoir posé le pied bien que nous l’aurions bien voulu ».

PENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX ImagePENTAX Image

Au final, nous aurions sans doute pu au moins y établir un mouillage histoire de gaspiller les quelques heures d’avance qui nous pèsent cruellement quand nous arrivons avant notre prévision, et surtout avant le lever du jour … Il est presque impossible de décrire une arrivée de nuit à Gustavia la semaine de Noël … la côte est surpeuplée de Mega-Yachts aux projecteurs éblouissants et le mouillage encombré d’embarcations invisibles dépourvues de signalisation …
Entre lumière et ténèbres, nous trouvons notre salut dans une fuite bienvenue vers le véritable but de cette étape, le mouillage du Colombier … Et au diable les formalités d’entrée, nous les ferons à pied !
Le mouillage, que nous avons plaisir à retrouver, est presque vide, et cela nous autorise à choisir la meilleure bouée possible pour les quelques jours que nous prévoyons d’y séjourner, loin de la faune exubérante et bruyante de Gustavia.

Après quelques heures de sommeil, nous engageons promptement la mission « formalités par la terre », puisque nous n’avons pas pu nous arrêter à Gustavia pour accomplir notre devoir administratif, ni accomplir les quelques indispensables achats nécessaires à un réveillon décemment pourvu en nourriture terrestre.
Bien malgré nous, cette mission est promptement rebaptisée en « expédition » quand les premières difficultés se font sentir.
En premier lieu, la dame de nage tribord de notre toujours aussi insupportable annexe décide de reprendre son indépendance lors de l’accès à la plage. Exactement comme son homologue bâbord lors de notre précédent passage dans cette même baie ! J’en soupçonnerais presque cette annexe d’une irrationnelle incompatibilité avec cet endroit, même si en fin de compte, il s’agit surtout d’une exceptionnelle incompatibilité avec l’usage auquel elle est pourtant destinée.
Ensuite, l’unique sentier d’accès à la plage remonte abruptement vers ce qui nous semble être le point culminant de l’île. Au moins, la vue est-elle fort jolie. Au terme de cette harassante grimpette, nous arrivons non pas au centre d’un village animé, mais dans une zone résidentielle oubliée de tous, et surtout des transports en commun (y en a-t-il sur cette île ?) … la coupe est pleine quand nous trouvons refuge à l’accueil d’un hôtel climatisé dont les charmantes hôtesses nous prédisent une bonne heure de marche pour rejoindre le port de Gustavia.

img_2457img_2466
Imaginez-nous au retour (éloignement, sentier de montagne à redescendre et annexe sans rame) avec les bras chargés de victuailles et vous comprendrez notre soudaine faiblesse … nous poursuivons l’expédition en taxi !
A partir de ce moment là, tout s’enchaîne bien, Gustavia, le port, les formalités, les courses de Noël et bien entendu l’indispensable arrêt au « café de l’oubli », autant pour l’accès internet que pour la pause salvatrice.
Bien entendu, cette illusion de confort ne nous a pas épargné le retour par la montagne ni le retour en annexe estropiée, mais au moins, le terme expédition prenait-il une toute autre signification … de celles où le sourire est de mise à leur simple évocation.img_2472img_2477

Pour le reste de notre séjour au Colombier, le programme quotidien est sympathique, réveil sans réveil, promenade aquatique (je n’aime toujours pas les palmes, mais qu’est-ce que c’est efficace), un bricolage pour la forme (nos nouveaux tauds de soleils sont finis) et … beaucoup de repos et de lecture.

img_2516img_2520

Nous passons aussi un bon moment de « Christmas Spirit » le soir du réveillon au son de l’album de Noël de Michael Bubblé. Saumon, fois gras et champagne composent notre menu léger mais de circonstance.

img_2527

Bien entendu, avec tout ça et une météo pas franchement engageante, notre départ pour Sint-Marteen prend encore un peu de retard, d’autant plus qu’à notre première tentative, des rafales de plus de 30 nœuds de vent nous accueillent à la sortie de la baie et que nous préférons rebrousser chemin pour le confort d’une nuit supplémentaire … et cet ajournement est bien vu dans la mesure où c’est justement le moment choisi par le disjoncteur des instruments de navigation pour disjoncter une dernière fois, terrassé par un bouton de plastique trentenaire qu’il n’est plus possible d’enclencher … le bricolage sommaire est facile et vite réalisé, mais il promet une belle partie de plaisir pour retrouver un disjoncteur de remplacement antédiluvien.

Ce n’est donc que le lendemain que nous partons de St-Barth, où nous avons « passé Noël » pour un tarif fort appréciable de 80 centimes d’euros par jour et par personne (qui dit mieux ?).

PENTAX ImagePENTAX Image

Et cette journée supplémentaire nous permet de voir arriver les tortues qui nous avaient mystérieusement snobés cette semaine … J’aime voir un bon présage dans le fait d’être salué par une tortue au départ d’une navigation.

Christmas winds…

Avant tout, j’aimerais remercier Sylvie pour son récit mais surtout, sa visite, son entrain et sa volonté qui nous ont vraiment ravis à bord et en navigation! Que de bons moments et souvenirs et je tiens à partager une dernière photo de toi, Sylvie, que j’adore et qui représente bien notre humeur durant cette semaine ensemble:

img_2436

 

Quant à nos derniers jours en Guadeloupe, en effet, un peu coincés par le mauvais temps à Deshaies – les rituels Christmas winds – nous avons eu le plaisir de rencontrer toute l’équipe sympathique de l’Amer Bar, que nous recommandons à tous les navigateurs en escale! Nous avons pu y passer de bons moments en plus d’y faire notre clearance et profiter de bien d’autres services, histoire de partir propres et guillerets de cette île magnifique – que nous ne devons pas revoir de sitôt.

img_2439img_2441img_2442