Le voyage de Takoumi

Saison 3

Archive mensuelles: octobre 2015

Voyage à Málaga

Après deux semaines d’escale à Alicante, nous avions à la fois hâte de reprendre la mer et une légère appréhension sans doute liée à notre dernière nuit en mer…Mais la conclusion à laquelle nous sommes arrivés est que cette appréhension est normale, saine – elle nous rappelle qu’il faut rester vigilants en mer et en voyage, malgré les habitudes que nous prenons depuis bientôt 4 mois. Ainsi dès notre départ je reprends ma canne à pêche pendant qu’Olivier s’amuse à régler nos voiles au millimètre près! Nous avons du vent, il n’y a pas de houle et Takoumi marche super bien en fait 😊. Nous retrouvons vite notre sérénité et le bonheur de naviguer. Parce que c’est un réel bonheur la plupart du temps hormis toutes les péripéties que nous vous relatons, vraiment!
Heureusement, la pêche est bonne et nous apprécierons un maquereau espagnol tout frais pour le dîner…Ensuite, la nuit est calme, très calme, trop calme: une mer d’huile comme j’en ai rarement vu! C’est sans doute pour cette raison que nous retrouvons aussi « nos copains les dauphins » qui profitent à plusieurs reprises des vagues que seul Takoumi crée dans ce grand espace miroitant…En arrivant à Malaga, nous posons l’ancre devant la plage pour déjeuner et faire la sieste avant d’accoster au Real Club Mediterraneo pendant 5 jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre les visites de la ville, je retrouve avec joie une ancienne collègue et amie avec qui nous passerons plusieurs moments. Pour l’anecdote, le premier jour elle nous a emmenés boire un verre sur une très jolie terrasse tout en haut de la ville à cote du Château. Mais sa fille étant malade nous convenons de « rentrer » et passer l’après-midi chez elle – après être passés chez le médecin. Il s’avère que le-dit médecin se trouve aux « Urgencias » d’une des cliniques de la ville – devant laquelle Olivier et moi nous retrouvons d’un seul coup, surpris et un peu inquiets…Je lui raconte rapidement pourquoi nous préférons-vraiment-ne pas l’accompagner et plutôt explorer le supermarché d’à côté…

L’après-midi chez elle nous ravit: fauteuils et canapé confortables, mais surtout le passage de divers enfants et membres de la famille avec qui nous conversons, partageons – un peu de leur quotidien, et beaucoup de notre aventure tout en mangeant des tapas et préparations maison que Montse nous fait goûter tout au long de l’après-midi. Accompagnés bien-sûr d’une très bonne bouteille de Rioja de sa cave personnelle. Nous aurons aussi l’occasion de voir son mari Antonio une paire de fois pendant notre séjour – mais jamais avec Montse – avec ses collègues venus de toute l’Europe qu’il reçoit justement cette semaine. Ces retrouvailles après plus de douze ans me montrent à nouveau combien le temps et la distance ne comptent pas. Je repars ravie d’avoir pu partager ces moments avec des personnes accueillantes, chaleureuses et entreprenantes. Nous avons également rencontré leurs deux enfants Antonio et Eva qui après la visite de Takoumi souhaite d’ailleurs repartir avec nous!

 

 

 

 

 

 

Quant à la visite de Malaga, j’étais subjuguée par la beauté de l’Alcazaba.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le musée Picasso est intéressant, sa maison d’enfance un peu moins mais le marché de la Plaza de la Marced est une belle expérience: nous y avons retrouvé le concept du « hawker center » que nous chérissons depuis notre voyage à Singapour : un grand espace cafétéria ouvert et mutualisé entouré de plusieurs petits stands/boutiques qui proposent des plats variés à picorer. Beaucoup plus cher à Malaga qu’à Singapour néanmoins mais parce que les produits sont frais puisqu’ils viennent du marché justement…Comme ils disent à Malte « Enjoy »!

Le Théâtre Romain :

 

 

 

 

 

 

 

 

Mueleuno et promenade dans la ville:

 

 

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De retour sur le continent

Dans la ville d’Alicante.

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Nous n’avions abordés que des îles depuis Naples, certes, certaines assez grandes pour être des régions ou même des pays entiers, mais des îles tout de même. Je trouve que cela a son importance au moment de battre le pavé de la ville d’Alicante. D’autant plus qu’il s’agit à ce jour de notre plus longue pause.

Avant ma libération, Manuela profite de quelques heures libres pour faire une pré-découverte de la ville. Du coup, si ma première après-midi à Alicante est réservée à un déjeuner, un verre de vin blanc en face de l’hôpital et quand même un peu de repos, la seconde est l’occasion d’entreprendre une grande promenade citadine dont nous seuls avont le secret, et dont le parcours est jalonné des points clés repérés les jours précédents, dont entre autres, l’esplanade d’Espagne, la place de la mairie (avec manifestation, excusez du peu), les parcs disséminés qui accueillent des terrasses sous les arbres ou encore cette rue où l’on trouve de faux champignons géants…

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Manuela a fait des « rencontres » pendant mon absence,

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Quelle s’empresse de me faire partager.

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Le jour suivant est l’occasion de s’attaquer à l’ascension du château qui nous nargue depuis quelques soirs. Après la découverte du parc qui fait la jonction ville-château à mi-hauteur de la colline, nous avouons être redescendu pour rejoindre… l’ascenseur… je suis en convalescence tout de même et j’ai toujours trouvé sympa en montagne de prendre le remonte pente avant de découvrir les pistes dans le sens de la descente.

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Les jours suivants, comme il faut bien se préparer et que nous avons dû laisser notre place VIP à « Team Vestas » et « SCA », nous profitons de l’occasion pour réparer nos feux de navigation… Enfin, devrais-je dire, Manuela en profite, car je suis toujours convalescent et monter en haut du grand mât est une activité réservée aux biens portants. J’en profite pour dire qu’aujourd’hui encore, j’essaie de profiter de cette ridicule excuse pour déroger aux tâches les plus rebutantes, mais sans que je comprenne bien pourquoi, cela fonctionne de moins en moins bien 😉

Puis, nous retournons à notre découverte de la ville que nous connaissons de mieux en mieux, jusqu’à trop bien d’ailleurs. Les derniers jours seront surtout employés à ne rien faire, hormis la sieste, un peu de jeux vidéo et beaucoup d’Internet (je sais aucune excuse d’être aussi en retard sur le blog, m’enfin, c’est ainsi)… Il nous est même arrivé de bouder les restaurants alentours pour dîner à bord et regarder quelques épisodes de série télévisé (Nous avons donc fini la saison 10 de « Grey’s Anatomy », la saison 5 de « Walking dead » est en cours, si vous avez pour la suite des suggestions disponibles en VF sur iTunes, je suis intéressé). Je retiens un curieux dimanche, où la ville semble déserte ou presque quand au détour d’une rue plus ou moins piétonne, nous nous retrouvons au croisement de deux rues encombrées de terrasses noires de monde et bruyantes d’une joyeuse cacophonie… Au moins savons nous où vont les « Alicantois » le dimanche après la messe.

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Les promenades quotidiennes dans la ville les derniers jours on donc généralement un but unique, comme la mauvaise réplique de galion, le parc de ficus centenaires, tel supermarché ou tel restaurant… Et surtout le marché couvert où nous ferons de belles emplettes de bons produits frais pour des prix raisonnables, notamment d’excellents filets de vache proposés par un couple de boucher dont la fille psychologue propose des « thérapies/formations » sur thème de la nutrition… Chercher l’erreur… « tout ce perds de nos jours ! »

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Au sortir de 9 jours d’impatience, je suis donc autorisé par le corps médical à quitter la ville. Ce que nous nous empressons de faire le matin même de mon rendez-vous de contrôle pour entreprendre une belle navigation à destination de Malaga où une amie nous attends quand même depuis bien plus d’une semaine, mais c’est une autre histoire que nous raconterons sans doute avec un peu de retard aussi vu que nous quittons Malaga dans deux heures pour rejoindre Gibraltar !

Hasta Luego Baleares

Au départ de Palma, nous passons la nuit à louvoyer « encore » entre les orages et nous atteignons Formentera au matin pour 24 heures de repos dans un nouveau mouillage idyllique. Repos fort apprécié car je suis toujours fatigué par la vilaine infection qui s’est déclarée à Palma et contre laquelle le traitement tarde à donner des résultats tangibles.

A l’occasion de cet arrêt, nous expérimentons le mouillage à géométrie variable … Tout d’abord confortable puis, soumis à un épisode orageux au loin, vraiment très pourri au point de le vider de la totalité de nos voisins. Pour notre part, nous sommes certains d’être là où il faut au regard des conditions météo générales, et nous tenons bon jusqu’en fin de journée. Au moment où la houle importune se calme pour laisser place à une nuit de tranquillité, nous sommes très satisfait de note choix.

Nous levons l’ancre le lendemain tard dans la matinée, car la route pour Alicante et le continent n’est pas si longue et nous préférons toucher terre accompagnés par les premières lueurs du jour. La navigation lors de cette journée est un peu difficile, car les vents sont instables et l’horizon désespérément gris et humide. Pour couronner le tout, je ne vais pas mieux, je soupçonne même que malgré le traitement dispensé par les urgences de Palma, mon état empire.
Nous avons d’ailleurs quelques épisodes « chaud patate » dont une belle et longue rafale qui a raison de nos feux de navigation et de mouillage en tête de mat. Nous devons avouer que cette casse est due avant tout à notre réaction mal adaptée plus qu’à la situation qui est finalement loin d’être dantesque… Nous apprenons encore.

A la tombée de la nuit, avec les ridicules feux de secours en place et un équipier en vrac, c’est au tour de Manue de vivre l’expérience « mon mari est pété, mon bateau est pété »…

A partir de là, je n’ai guère plus de quelques instants pour la navigation, arrachées à mon agonie, et Manue gère toute la nuit seule, jonglant entre les cargos et organisant notre arrivée avec le port, de nuit finalement car il n’est plus question de traîner. Elle est accueillie en héroïne par le « marinero » de garde auquel elle offre sa dernière pêche et bénéficie de la bienveillance de toute la marina plusieurs jours durant et même d’une place VIP face à la capitainerie, qu’elle ne devra céder que bien plus tard à « Team Vestas », bateau de course de la Volvo Ocena Race.

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Après ça, tout s’enchaîne très vite et moins d’une heure après l’atterrissage, nous sommes aux urgences de l’hôpital universitaire d’Alicante… Cette visite ne doit pas être si inutile que ça car je profite alors de leur chaleureux accueil pendant six jours, non pas que je sois a l’article de la mort toute cette période, mais ils ont beaucoup de difficulté à établir un diagnostic précis car, j’imagine, la culture de bactéries sous antibiotiques reviens à faire pousser des légumes en les arrosant avec du désherbant. Du coup, j’ai droit à une bonne pelletée d’examens qui confirment tous ma bonne santé générale 😉 hormis ce qui m’a amené ici bien entendu.

A ma sortie, j’ai en bonus la surprise de devoir revenir 9 jours plus tard pour contrôle, nous avons donc 7 jours de tourisme avant de pouvoir quitter Alicante !

Palma

Bon, notre arrivée à Palma marque le début de la série « urgences » que je me dois de vous raconter…en effet, m’étant blessée au cours d’une manœuvre d’enroulement de génois, la première chose que nous faisons à Palma est de visiter les urgences. Ce n’est finalement pas trop grave m’étant soignée à bord depuis quelques jours, la tendinite de la base de mon pouce s’est résorbée et il n’y a pas de complications- c’était la deuxième fois donc je tenais à faire une radio et récupérer une attelle adaptée. Voilà qui est fait! L’efficacité de la prise en charge à Son Espases, nouvel hôpital de Palma est assez impressionnante, 2 heures plus tard nous sommes déjà dans un taxi. Nous lui demandons de nous conduire dans un quartier « normal » de Palma où nous pourrons nous racheter shorts et chaussures et découvrons la rue Syndicat, le quartier des outlets près de la Plaza Major. Palma nous fera penser à Madrid à de multiples occasions en bien plus petit et moins « monumental » bien-sûr.

Nous essayons ensuite de nous organiser en Espagne: téléphone et carte 3G prépayés seront utiles durant les 2 mois qui viennent. Alors qu’en Italie nous avions réglé le problème en une heure, nous mettrons 3 jours avant de signer un contrat – les prépayés n’existent pas vraiment en Espagne et coûtent 2 à 4 fois plus cher qu’en Italie! Nous avons fait toutes les boutiques de téléphonie des 4 différents opérateurs de la ville (euuh, du pays?) avant de trouver la seule solution avec l’une des boutiques Movistar…expérience inoubliable mais terriblement frustrante pour nous deux ayant travaillé dans ce domaine!? Le vendeur avec qui nous avons passé 2 heures a fini par nous dire « adieu, ça y est c’est fini » – en français pour nous encourager à partir, enfin!
Mais j’avoue que nous connaissions plutôt bien Palma au bout de ce périple sans fin, et nous avons profité des bars à tapas et des shipchandlers autour du RCNP – le Real Club Nautico de Palma idéalement situé près de la Cathédrale et du quartier animé de Santa Catalina. Nous y rencontrerons un Franco-italien très sympa, émigré à Palma depuis 15 ans travaillant dans un bar qui nous rappelle Ménilmontant à Paris…Ils passent même de vieux albums de Gainsbourg – il s’avère que Salvatore a grandi à Paris près du quartier de Ménilmontant justement…
L’avant dernier soir nous y rejoignons également Manon et son mari pour une soirée très sympa et festive. Manon est la cousine de notre ami Hugues qu’Olivier retrouve après 20 ans et son mari Paul est écossais et capitaine aussi nous échangeons aisément. Après nous avoir questionnés sur ce qui nous ferait plaisir, ils nous emmènent dans un restaurant que nous ne sommes pas prêts d’oublier après presque 3 mois de navigation: la côte de bœuf et le bon vin choisi par Manon nous rassasient pour les mois a venir – merci les amis! Nous finirons la soirée en dansant avec Manon devant un groupe live dans l’un des nombreux bars du quartier.
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Nous voudrions repartir mais notre départ est conditionné par le retour d’un autre de nos 3 alternateurs que nous avons donné à réviser au garage Wally’s sur les conseils de Doris rencontrée sur notre ponton -elle est suisse et possède un Sharki comme nous. Elle vit à Palma et s’occupe de l’entretien de plusieurs bateaux. Nous aurons malgré tout quelque peine à récupérer notre alternateur auprès de Carlos qui, semble-t-il n’a pas besoin de clients et ne vient jamais à l’heure dite – au bout de 4 jours, notre alternateur revient révisé et en bon état – mais le régulateur est cassé! Nous convenons avec Carlos de partir le lendemain à midi au plus tard avec le régulateur qu’il dit être sûr de nous dénicher. Nous ne reverrons jamais Carlos – ni même pour lui régler la révision que nous lui devons…Service inefficace mais pas cher somme toute. Et bien que nous ayons prévu de quitter Palma ce jour-là, nous décidons de boucler notre séjour par une dernière visite aux urgences et ne partirons que le lendemain…Cette fois-ci c’est Olivier qui souffre malheureusement. Après analyses, nous avons heureusement le feu vert du « médico » et le traitement qu’il faut…Prochaine étape Formentera a environ 70 milles que nous rejoindrons en un peu plus de 18 heures. C’est une belle nuit d’éclipse (qui ne donne rien en photos :) et enfin de retour en mer, j’en profite pour pêcher et attrape un magnifique poisson – je lance le débat aux connaisseurs : quelle est cette espèce ?

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Quelques images de notre arrivée à Formentera (Ibiza en face):

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…autour de Majorque

Notre arrivée à Mallorca dans la badia de Pollença…. se résume en images:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce mouillage dans la cala en Gossalba, notre refuge pour la nuit est des plus jolis et des plus calmes. Nous sommes seuls pendant quelques heures tant l’espace est réduit, aucun bateau n’ose s’y ajouter- mais un catamaran très moderne décide finalement de nous rejoindre. Nous observons la manœuvre très complexe pendant une bonne heure: l’équipage tout entier est mis à contribution pour porter une amarre à terre (à la nage, ils portent un câble autour d’un arbre sur la falaise :)) afin d’éviter tout mouvement du grand navire dans l’anse minuscule durant la nuit. Gigantesque…enfin, Takoumi paraît si petit devant lui…

 

 

 

 

 

 

Le lendemain nous naviguons au portant toute la journée pour rejoindre l’autre bout de l’île par le Nord. La houle nous porte jusqu’à des vitesses improbables – au-delà de 10 nœuds! Les dauphins nous rendent visite juste avant que nous pénétrions dans la passe entre l’ilot et l’île à feu de Dragonera – de grandes vagues nous permettent de « surfer » entre quelques amers, obstacles assez proches, c’est impressionnant! Et nous sommes très heureux de cette belle journée de voile. Nous prenons une bouée isla es Pantaleu un peu avant Andratx -elles sont encore payantes en cette fin de saison mais nous sommes ravis de dormir sans nous soucier de notre ancrage une nuit durant…L’eau est un peu trouble aussi je me rends compte que je deviens exigeante et décide de ne pas m’y baigner…

 

 

En effet, le dernier mouillage que nous rejoignons ensuite ensada de Santa Ponsa me donne raison – eau limpide et fin sable blanc. Qui plus est, nous pouvons enfin nous connecter de façon stable et en profitons pour mettre à jour le blog sur notre séjour à Minorque :).
Nous repartons reposés, heureux de ces quelques mouillages plutôt paradisiaques avant de rejoindre la « grande ville » de Palma.