Le voyage de Takoumi

Saison 3

Archive mensuelles: avril 2018

Faux départ

Nous sommes partis de Carthagène un peu trop tôt….nous avions fait les formalités onéreuses sonnant le départ un jeudi. Nous sommes donc partis de bon matin et avons parcouru péniblement les 20 premiers milles contre des vagues de plus de 3m. Quand une vague est venue se briser sur Takoumi nous avons retenu notre souffle et trempés, fait le point sur les prochaines 24h. Et malgré une vitesse moyenne impressionnante de plus de 7 nœuds, nous n’allions pas assez vite pour dépasser la zone de vent fort pendant la nuit. Nous avons décidé de faire demi-tour à temps pour « rentrer » à Carthagène avant la nuit. Le départ est reprogrammé samedi sur la base d’une nouvelle météo et des vagues de 2m50 s’atténuant.

Nous ne regretterons jamais ce faux-départ parce que chemin de la Colombie aux îles Caïmans fut des plus paisibles passées les premières 24h de mer que nous attendions.

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Six-sept cent milles au près en communion avec la mer, le néant le vide, la mer à perte de vue. Tellement vide qu’un oiseau particulièrement sans gêne a squatté à bord, avec une nette préférence pour l’intérieur dont nous avions grand peine à le chasser !

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Quel bonheur aussi de nous baigner le bateau à la dérive lorsque le vent tombe et que nous naviguons quelques heures au moteur. Nous sommes arrivés presque reposés par cette nav’ de cinq jours jusqu’à Grand Cayman que nous retrouvons.

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Vous reprendrez bien un peu de Carthagène ?

Au retour de notre périple terrien, notre premier objectif est de nous occuper de remplacer nos batteries que quatre jours de charge à quai n’ont pas sauvées.

Alors, comment dire, trouver des batteries de services en Colombie est un peu comme la chasse aux champignons; Il faut marcher beaucoup et les premiers que l’on trouve ne sont pas forcément «ni bons, ni même comestibles ». Qui plus est, la batterie de Colombie est un gibier réputé rare et cher.
De fait, nous nous triturons les méninges deux jours durant pour comprendre les absconses spécifications locales des batteries, plus deux autres journées à écumer de long en large les rues de la ville, trouvant notre bonheur en quelques minutes seulement après avoir louvoyé entre les propositions inadaptées et les professionnels compétents mais dépourvus de stock.
C’est aiguillé par un électricien auto que nous dénichons les perles rares derrière l’improbable comptoir de « Multielectricos ». Le patron sait de quoi il parle, sait de quoi nous avons besoin et … dispose d’un stock plus que nécessaire. Vous n’imaginez pas notre soulagement quand il nous présente nos deux nouvelles batteries d’un orange flamboyant … Du coup, nous les ramenons illico-presto en taxi et les installons dans la foulée. Pressés que nous sommes de découvrir notre nouvelle autonomie qui a encore augmentée dans cette affaire … D’après mon beau frère Andy qui nous a été d’une aide précieuse dans ces recherches, nous pouvons électrocuter la moitié de l’océan avec ces monstres technologiques susceptibles de délivrer 1800 Ampères pendant 5 secondes :-) Mais bon, nous allons autant que faire ce peux éviter ce genre de bêtises.

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Le reste de notre séjour à Carthagène des Indes est une agréable poignée de journées passées à profiter confortablement d’une ville que nous avons déjà découverte et dont nous connaissons les quartiers que nous préférons et les restaurants que nous apprécions.

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Ainsi, nous retournons à plusieurs reprises à Getsemani dont l’animation nocturne, les restaurants et les stands de street-food nous attirent toujours autant.

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Nous profitons aussi des journées pour retourner au cœur du vieux Carthagène où nous nous laissons flâner d’une place à l’autre.

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Nous poussons même la caricature du touriste à visiter deux musées :
Celui de l’Inquisition dont le principal intérêt est le bâtiment lui même et ses cours ombragées.

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Et le musée naval, qui se paie le luxe d’être plus exhaustif que le musée d’histoire en ce qui concerne l’historique de la ville … mais dont le clou de la visite est la reconstitution de l’intérieur d’un sous-marin et de la passerelle d’une frégate militaire moderne où je retrouve une Manuela hilare, dans un moment confinant à l’enfance, touchant à tous les boutons et manettes à sa portée (vraiment tous).

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Ces quelques jours ont rechargé nos propres batteries aussi sûrement que celles de Takoumi et pleins d’entrain nous préparons notre départ qui s’annonce un poil agité, eu égard aux conditions de navigation pour s’éloigner de la côte Colombienne qui présagent souvent d’être, sinon chahutés, au moins ballotés.

Colombia roadtrip !

En route pour la campagne! Nous avons envie de montagne et d’expérimenter la Colombie. Nous partons à 4 heures de Cartagena à Santa Marta une petite ville dont tout le monde nous a chanté les louanges.

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À mi-chemin nous nous arrêtons déjeuner à Baranquilla qui est une ville industrielle. Conduire en Colombie est plutôt rocambolesque – pire qu’à Paris où nous avons eu nos permis de conduire tous les deux ! Ainsi lorsqu’en tant que copilote je mène Olivier tout droit à travers le gigantesque marché grouillant de Baranquilla croyez bien que nous avons des sueurs froides ! Mais quelle animation ! Sur le bord de la route en travaux, entre les files de voitures qui klaxonnent des personnes cherchent à nous vendre de l’eau, des chicles (chewing-gums) ou des beignets…

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Nous ne sommes pas malheureux de se sortir en un seul morceau de ce cafarneum pour continuer notre route vers Santa Marta…

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Santa Marta est une petit ville côtière. Nous apprécions la piscine de l’hôtel climatisé où nous nous reposons – en effet, Cartagena est une ville géniale mais nous avions rarement eu aussi chaud et retrouver un peu de fraîcheur nous requinque ! Chaque soir nous découvrons des petites rues animées et dînons en terrasse en écoutant les divers groupes de musique qui s’y attardent.

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Mais si nous sommes venus à Santa Marta c’est pour rejoindre le parc de Tayrona et nous promener dans les terres. Aussi le second jour nous filons, non sans mal, de Santa Marta à l’entrée du parc !

Nous nous rendons très vite compte que le parc est très grand et que nous ne pourrons qu’en faire une toute petite partie. Et dans l’espoir d’aller plus vite et d’en faire plus…nous montons à cheval pour la première partie du chemin….une heure et demi de montées et de descentes dans les cailloux ….je ne suis pas prête de remonter sur un cheval!!!!

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En descendant du mien, c’est à peine si je parviens à marcher ! Fort heureusement ça en valait la peine. L’endroit, Cabo San Juan, est très beau et me permet de me baigner et d’oublier très vite cet épisode. Nous avons prévu le casse-croûte et déjeunons sur la plage avant de repartir dans la forêt.

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Nous essayons de rejoindre le village des indiens, Pueblito,  mais l’heure tourne et c’est encore très loin. Le retour qui plus est, va nous prendre 3 heures, rien que de là où nous sommes ! Enfin, à la troisième personne que nous croisons, qui nous dit que « c’est encore très loin! », nous abandonnons et rebroussons chemin.

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En route, des jeunes nous proposent de nous conduire au village à cheval. Nous avons tout juste le temps d’y monter et de revenir ….Olivier et moi hésitons longuement si bien que les jeunes baissent le prix de 10, de 20, de 50% – eh oui, parfois la meilleure manière de négocier c’est juste d’hésiter :) Mais je finis par refuser parce que la journée est trop avancée et nous ne pourrions rester que très peu de temps avec les indiens…mais aussi, remonter sur un cheval aujourd’hui me paraît impossible, d’un coup je n’ai plus très envie d’aller visiter ce village….

Nous ne regretterons pas. La randonnée de retour est merveilleuse alternant jungle et bord de mer. Tout du long à l’aller comme au retour Olivier et moi nous plaignons d’une chose c’est que nous ne voyons aucun animal (à part les chevaux bien sur !). Nous somme donc ravis lorsque nous croisons une famille de singes à la cime des arbres qui nous balancent tout ce qui leur tombe sous la main! Nous resterons un bon moment à les regarder en évitant les branches avant de finir notre chemin et retrouver la voiture.

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Le lendemain il nous faut repartir …retrouver Takoumi :) Mais non sans faire un dernier détour à Minca, un beau village de petite montagne traversé par une grande rivière au bord de laquelle nous nous rafraîchissons. En déjeunant nous observons un iguane et écoutons les dizaines d’oiseaux qui chantent mais ne se laissent pas regarder…

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Ce fut une belle journée et une sympathique pause, des vacances en somme et nous rentrons à Cartagena avec de jolis souvenirs .

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Carthagène des Indes

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Une fois ne devrait pourtant pas être coutume, nous arrivons trop tôt, de nuit en Colombie et choisissons de faire quelques ronds dans l’eau avant de pénétrer la large baie de Cartagena. Cette magnifique cité nous accueille au petit jour, par l’entrée nord appelée «Escollera», une digue sous-marine impressionnante, houleuse et étriquée, la passe ne faisant que 30m de large par 2-3m de fond . Elle fut construite par les Espagnols pendant la « Colonía » au XVIII ème siècle pour pousser les navires à passer par l’entrée sud de Bicachica. Ensuite, Il nous faut une bonne heure pour rejoindre un chenal à bâbord et accéder enfin au mouillage principal des plaisanciers. C’est aussi celui des paquebots et des cargos venus charger et décharge – les uns leurs hordes de touristes, les autres leurs containers colorés…Nous nous trouvons entre eux et le Club Nautico de Cartagena, assez proches du centre historique qu’il nous tarde d’arpenter !

Mais avant de l’envisager nous avons conscience de nos problèmes d’énergie et cherchons à rejoindre une place à quai pour brancher Takoumi. De plus, nous souhaitons laisser le bateau en sécurité afin de le quitter et nous balader en Colombie, notre dernière escale en terre inconnue avant de clore ce beau chapitre de notre vie. Nous comptons donc bien en profiter dans le petit laps de temps qui nous reste!

Mais malheureusement malgré nos appels à la VHF, le Club Nautico ne répond pas. Plus tard nous apprendrons qu’il est en travaux et n’offre que peu de places au ponton plutôt mal protégé. Il y a bien une autre Marina réputée hors de prix tout au fond de la baie. C’est le « Club de Pesca » aux abords du centre historique, mais on nous la vivement déconseillée aussi nous finissons par jeter l’ancre en face du Club Nautico – il se trouve, derrière Le catamaran d’Alex et Sergio déjà rencontrés au Panamá !

Pour l’heure, le mouillage qui se réveille, est surpeuplé, bruyant, parcouru par presque tout ce qui flotte à fond les gamelles! Il est également splendide, au milieu de tous ces gratte-ciel et au large de la vieille ville et de ses quelques forts et palais. Nous y serons bien jusqu’à ce que nous trouvions une place au port je pense…

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Les premiers jours sont comblés de découverte du quartier résidentiel de la Marina et du centre historique. La cité est magnifique et archi-touristique. Notre quartier est familial et animé. Nous trouvons les colombiens très accueillants et le niveau de vie nous paraît meilleur ici qu’ailleurs. Mais je découvrirai qu’il y a encore beaucoup d’écarts de valeur entre les services qui se développent et ceux de la vie courante des Colombiens.

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Il y a deux vitesses dans ce pays et nous passons la semaine à côtoyer les deux juste aux abords de la Marina. Un bon exemple est le prix de la nourriture qui dans un restaurant local parfois chez l’habitant coûte moins de cinq euros pour un repas complet et copieux.

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Par ailleurs nous trouvons des adresses presque aux prix européens et pas particulièrement touristiques. Nous fréquentons régulièrement la Marina où des hommes traînent à l’affût de n’importe quel travail ou service à rendre aux plus riches plaisanciers qui y circulent – porter vos courses, polisher votre coque, tout pour quelques billets « a la orden », à votre service!
Mais malheureusement aucun électricien ne nous aborde et nous en avons cruellement besoin ! Depuis plusieurs jours déjà nous sommes contraints d’éteindre jusqu’au réfrigérateur afin de préserver nos batteries -si « sauvables » elles étaient….Aussi nous croisons Alex qui nous dit connaître une société de confiance, qui nous a également été conseillée par la Marina. En effet le chargé de clientèle Gonzalo, venu d’Espagne sur un voilier lui aussi, nous paraît honnête et efficace. Il nous met en relation avec son expert électricien Yerkis qui est également engagé dans l’armée.
Ce que nous ne pouvions pas prévoir c’est que les élections ont lieu au moment de l’engager, et qu’il nous fera faux-bond deux fois. En effet il est quotidiennement réquisitionné par l’armée pour intervenir en cas de problème au cours du vote dans les quartiers de Carthagène !
Heureusement nous mettons à profit ces jours d’attente pour découvrir un autre quartier de Carthagène, Getsemaní, que nous aimons beaucoup notamment le soir pour ses spectacles de rues et son street food démoniaque ! Nous y retournerons régulièrement pendant notre escale à Carthagène.

Nous allons nous promener à Bocagrande, le quartier entre la baie et l’océan qui abrite les plages et les hôtels luxueux. Nous montons au dernier étage du Hyatt Regency boire un jus de fruit dont la Colombie regorge et apprécions la vue spectaculaire.

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Et malgré nos batteries toujours à plat ou presque, nous gardons le moral le soir de notre anniversaire de mariage en dînant en face de la basilique. Nous terminons la soirée en buvant un cocktail au roof top bar avec vue sur la place de l’horloge, l’entrée du centre historique!

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Yerkis finira par venir à bord le lendemain de nos festivités. Il nous propose alors de tout changer et ses services pour une durée rédhibitoire de 20 jours !? Sachant qu’il ne travaille que lorsqu’il a terminé sa journée pour l’armée et qu’il nous a déjà fait faux-bond…Quand bien même, nous doutons de son diagnostic alarmant et refusons son offre. Nous préférons vérifier le diagnostic par nous-mêmes. Olivier s’improvise électricien et nous mettons Pierrick à contribution à distance du Panamá…à raison car les tests sont concluants : les fils sont en bon état et il faut seulement changer les batteries. En effet elles n’ont probablement pas supporté les températures et l’humidité du Panamá durant 6 mois à terre !
Nous avançons mais entre-temps, nous avons rencontré Pedro un peintre du port….qui nous a présenté Kiko, le maître de port du Club Nautico! Et après plusieurs amabilités il nous propose une place que nous nous empressons d’occuper. Cela change la donne car Takoumi est branché donc rien ne presse pour changer les batteries. Qu’à cela ne tienne, nous louons une voiture, réservons un hôtel et partons au Nord de Carthagène en laissant tout cela en stand-by !

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La revanche du Panamá

A l’issue de notre très agréable séjour aux San Blas, nous prenons la route de Carthagène des Indes, ville côtière de la Colombie.
En guise d’adieux au Panamá, nous prévoyons la première véritable route hauturière de la saison et nous nous réajustons au rythme des quarts qui se succèdent durant les 40 heures de route prévues. Face au vent et aux vagues hautes de deux bon mètres, nous allons bon train et la première nuit sur la mer des Caraïbes s’annonce bien.

Mais en mer, la confiance et un esprit serein ne protègent pas des coups du sort, et notre ultime avanie Panaméenne nous rattrape aussi sûrement et furtivement que le fauve guettant sa proie.
Au sein de cette quiétude, le glouton pilote, aidé du réfrigérateur, de tous nos instruments et lumières, siphonnent discrètement nos batteries qui sont depuis Shelter Bay notre unique source d’inquiétude bien qu’elles aient été testées bonnes pour le service par deux fois.
Les très efficaces panneaux solaires nous ayant caché toute la journée cette faiblesse latente, l’hémorragie d’énergie n’est détectée que tard dans la nuit à l’aune de l’inévitable chute de tension.

Qu’à cela ne tienne, nous pouvons bien utiliser le moteur un peu plus que de coutume pour recharger nos batteries défaillantes et poursuivre notre chemin. En plus, nous avions anticipé la manœuvre en n’emportant que peu d’avitaillement frais, nous permettant d’éteindre le réfrigérateur. Toutefois, aucun plan ne survit à la réalité du terrain et un ultime coup du sort nous place dans une situation fort inconfortable : le moteur, lui aussi, se ligue contre notre brillante échappée et décide de ne plus pomper l’eau de mer nécessaire à son refroidissement.
En même temps, difficile de jeter l’opprobe sur le sort qui s’acharne, un premier épisode « chaleureux » avait eu lieu quelques jours avant, que nous avions naïvement attribué à un simple bouchage/débouchage du passe-coque d’eau de mer par l’un des nombreux détritus dérivants aux San Blas. Une fois de plus, les événements nous rappellent qu’en bateau, il ne faut jamais ignorer les appels du pied du bateau qui a quelque chose qui le démange quelque part …

Bon, ceci dit, la situation n’est pas si critique, et dix minutes de moteur rechargent deux heures de réserve d’énergie sans que la température n’atteigne un niveau anormal de fonctionnement … Nous passerons donc la nuit et une bonne partie de la matinée au rythme de quelques recharges salvatrices.

C’est ainsi qu’en fin de matinée, frais et dispo mais au beau milieu de la mer des Caraïbes (autant dire nulle part), nous entamons une séance de bricolage dont seule la navigation hauturière nous en apprend le secret.
Bateau dérivant à la cape (position stable du bateau grâce aux voiles à contre permettant de dériver gentiment), au calme physiquement et moralement, nous changeons sans coup férir le rouet de pompe à eau avant le déjeuner. Profitant de notre confort relatif pour nous restaurer sans subir la gîte et la route.

Nous reprenons donc notre bonhomme de chemin vers Carthagène avec un moteur doublement rafraîchi et désormais enclin à compenser largement notre consommation électrique de travail comme de confort.

Quant à nos batteries, n’entretenons pas le suspens, elles seront remplacées en Colombie par deux nouveaux éléments nous garantissant encore plus d’autonomie: Deux impressionnants et pesants blocs oranges de 255Ah chacun prendront la place des batteries défaillantes, portant notre réserve totale, plus que respectable, à 510Ah. Par contre, nous raconterons plus tard comment nous les avons dénichées, ceci relevant d’une histoire … Colombienne.