Le voyage de Takoumi

Saison 3

Visite chez les Kunas

Islas Carti est un regroupement de quatre îles habitées qui nous a été conseillées par le représentant de l’autorité maritime de Marina Linton lui-même Kuna quand nous sommes allés faire établir notre Zarpe de départ du Panama. Nous y arrivons le jour de la célébration de la révolution kuna, à l’issue de laquelle ils ont obtenu une grande autonomie et repoussé l’ingérence du gouvernement Panaméen.

Nous avions bien vu des photos, mais découvrir pour de vrai ces villages est assez impressionnant : nous sommes face à des îles habitées où résistent 3 ou 4 cocotiers au milieu d’un village de cases en bambou serrées comme des sardines et qui finalement recouvrent toute la place disponible … et même un peu plus

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Désireux de profiter au mieux de la fête, nous attendons la fin d’après-midi pour nous rendre non pas sur l’île en face la plus touristique, mais sur Tupilé qui se cache derrière à la recherche d’une expérience plus véritable qu’une brochette d’échoppes de produits artisanaux.
Accueillis par des jeunes kunas et un militaire tous très sympathiques, nous apprenons que nous avons manqué la célébration qui ne se tient que l’après-midi jusqu’à 16h … et que de toute façon, ils ne célèbrent pas la révolution sur Tupilé : Il faut se rendre sur la première île pour ça … Nous sommes assez déçus de l’infortune dont nous sommes seuls responsables. Toutefois, notre guide nous apprend qu’il y aura bien des danses et des chants ce soir, mais pour une autre raison et derechef, il nous conduit à travers le village jusqu’à la « cantina del pueblo », une immense hutte commune où se tient pour l’instant la fête de la chicha, un alcool à base de maïs. En chemin un vieux du village nous interpelle pour nous rappeler les règles … Hommes et femmes séparés, chacun disposant de son entrée et interdiction de prendre des photos. Ce qui explique que quelques images illustrant ces articles ne sont pas pour une fois toutes de nous.

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En chemin, Manue a le temps de surprendre une scène où un kuna probablement ivre mort est porté par ses comparses jusqu’à sa case ; nous avons de la chance, c’est l’un des trois jours de la semaine où le chef du village, le « Sahila», autorise la consommation d’alcool.

Arrivés à la cantina, grand espace sombre faiblement éclairé par un feu empli de groupes éparses, nous sommes donc séparés et dirigés chacun vers les zones appropriées.
C’est ainsi que Manue est assise à l’autre bout de la hutte entourée de femmes kunas qui rient, boivent et fument et dont l’une, Doris, a été nommée par ses pairs pour s’occuper de Manuela.

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De mon côté de la hutte, je n’en mène pas large privé de l’officier des communications, traducteur et presque diplomate du Takoumi. Contre toute attente, je m’en sors pas trop mal et j’échappe à un gentil garçon bourré comme un coing en discutant, en espagnol s’il vous plaît, avec mon voisin dont la discussion et les explications me mettent déjà beaucoup plus à l’aise … même si une phrase sur deux passe à la trappe.

J’apprends donc entre autres choses que le groupe de femmes à ma droite se préparent pour la cérémonie, c’est bon signe, qui débutera à la tombée de la nuit … là, c’est tout de suite plus compliqué dans la mesure où le crépuscule est encore loin et que je ne m’imagine pas attendre deux heures planté sur ma chaise que le spectacle commence. Je fait comprendre par de grands signes à Manuela que nous nous retrouvons dehors pour discuter et décidons d’utiliser ces deux heures pour visiter le village et dénicher une bière pour étancher notre soif.

During the Inna-Suit celebration three woman serve an alcoholic brew to the guests. The person in the middle is the initiated girl, her body is painted in black and a red scarf is covering her head. During the celebration she is not allowed to take of her scarf and show her face. There are only about 1200 Tule people left in Colombia. They are one of the 34 Tribes in danger of extinction. Due their location in the Darien Gap near the boarder of Panama the Tule people have suffered threads from both the leftist Guerilla and the right wing paramilitary. A lot of families have left the community and moved to Panama, where most of the Tule (in Panama Kuna) people live nowadays.

Au cours de notre ballade, nous croisons une foule de gens sympathiques presque tous disposés à engager la conversation avec nous et des enfants partout qui tiennent à nous montrer qu’il savent faire le poirier .. J’hésite à me joindre à eux et me ravise, ça fait 35 ans que j’ai plus fait ce genre de choses.

Quelques instants plus tard, boisson en main sur le « muelle » du village, nous assistons à l’arrivée du pêcheur local pour vendre ses bonites 1 dollar pièce. Petit à petit en cheminant vers la cantina, nous croisons tout le village équipé de sacs qui vont acheter du poisson en courant. Quand je dis tout le monde, je ne doit pas être bien loin de là vérité, il n’y a que 45 familles sur cette île (ou 45 adultes, ou 45 habitants … Nous n’avons pas encore tranché … mais pour le chiffre 45, nous sommes sûr :-).

Dans le même temps, je vois une gamine balayer les rues en terre … cela m’interpelle dans la mesure où c’est bien la première fois que je vois quelqu’un au Panama nettoyer plutôt que de jeter des détritus … peut-être le pays y gagnerait-il à être géré par les kunas.

Avant de retourner dans la cantina, nous apprenons que la fête de ce soir est la célébration de la puberté d’une jeune fille, événement qui ici est l’occasion d’une grande fête commune. Curieusement, apprendre ça renforce chez moi un sentiment de gêne déjà présent à l’idée de ce que je ressens être du voyeurisme au sein de l’intimité de leur communauté.

De retour à la cantina, il n’y a plus grand monde, si ce n’est les chefs de l’ile les » Sahiles » qui entament une lente danse/chant/musique tribale que nous écoutons avant de repartir. Nous n’attendons pas la nuit, pour une première incursion dans ce monde étrange et si éloigné de notre quotidien, nous préférons nous éclipser avant que l’obscurité ne recouvre ce village de son voile protecteur. Attitude respectueuse, saluée par une troupe de dauphins qui viennent nous rendre visite au crépuscule.

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1 Commentaire

  1. Stéphane

    Génial !!

    Répondre

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