Le voyage de Takoumi

Saison 3

Archive mensuelles: mai 2016

St Kitts & Nevis, Montserrat

Malgré le départ retardé de St-Bart, nous partons pour St-Kitts tambours battants, dans une belle brise et des performances gratifiantes bien que nous soyons vite rattrapé et dépassé par Kalisea avec qui nous naviguons de conserve, et qui file une fois et demi plus vite que nous. En fin de soirée, nous rejoignons Kalisea à Charleston sur l’île de Nevis et non St Kitts. Les vents favorables ayant propulsés nos partenaires de navigation jusqu’à l’île suivante de bonne heure, nous en serons quitte pour une arrivée et une prise de la toute dernière bouée aux dernières lueurs du soleil.

St Kitts

Après des formalités d’entrée interminables et une visite de la ville un peu déserte – malgré qu’elle soit en fête , nous découvrons le « Turtle Time » en face du mouillage où nous passerons plus de temps qu’il n’en faut! Ce confortable tikki bar nous permet de nous reconnecter et même de débattre des derniers événements chaotiques en France, tout en nous questionnant sur notre futur retour avec un peu d’appréhension…Nul ne sait comment il ou elle réagira. L’un d’entre nous est rentré en France quelques jours récemment et nous rapporte un curieux ressenti à porter des chaussures de ville. Olivier y pense presque à chaque fois qu’il enfile ses tongs depuis 😉

De retour à bord nous observons les activités du dimanche des locaux en regardant passer le ferry devant le bord de mer, envahi par des dizaines de familles et jouant de la musique à fond – mais vraiment à fond – Pour tout vous dire, depuis le temps, nous pensons que les caribéens sont sourds.
Takoumi traîne deux jours de plus que les copains Kalisea – déjà partis – en attendant que le vent tourne à l’Est. En effet, redescendre les Antilles est autrement plus difficile que de les remonter! Le vent de sud-est nous refuse la route directe et faisable en une journée. Mais le vent ne tourne pas…pas comme prévu, aussi, rechignant à retourner voir les douanes et l’immigration afin de décaler notre départ, nous finissons par repartir vent de face…

Nevis

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Montserrat, ile dévastée par son volcan encore actif, n’est qu’à une trentaine de miles et sera notre dernière escale avant de rejoindre la Guadeloupe au début de la saison cyclonique. La navigation est houleuse et au moteur, un choix difficile et inconfortable mais qui nous permet d’arriver dans le tout petit mouillage désuet au nord ouest de l’île, avant la tombée de la nuit. Nous avons juste le temps de descendre à terre pour faire les formalités d’entrée avant la fermeture… dans l’honorable objectif de rétablir notre situation avec l’immigration locale …

Et … nous ne descendrons jamais à terre a Montserrat, fuyant une éventuelle rencontre avec les autorités portuaires au lever du jour, car les documents du bateau sont restés à … Nevis … mais ça c’est toute une histoire…

Montserrat

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St Bart’ St Mart’

Depuis la traversée, nous n’avons passé que quelques nuits en mer donc en quittant Barbuda, nous ressentions un mélange d’envie et d’appréhension en vue de parcourir les 60 miles nord-ouest jusqu’à destination. Nous avons profité d’un bon vent, à belle allure et sans grains malgré les éclairs au loin ainsi que des flashs lumineux sous-marins dont nous n’avons toujours pas élucidé la nature. Cerise sur le gâteau, nous avons croisé une baleine au coucher du soleil : instants magiques!

En fait, nous avions prévu de bouder l’île Saint Barthélémy en route vers Saint Martin mais « c’est comme si tu passais a Cogolin sans t’arrêter a Saint Tropez » nous dît-on…Alors nous y sommes arrivés à l’aube du 1er Mai accueillis par une tortue. C’est toujours un bon signe d’être accueillis par une ou plusieurs tortues.

Le premier accostage en ville est sans intérêt : tout est fermé et il pleut beaucoup. Le second révèle un village très huppé, cher mais agréable, vivant et accueillant. En d’autres mots, petit comme Juan-les-pins, marqueté comme la Croisette à Cannes et peuplé par les mêmes zouaves qu’à St-Tropez … Comme un goût de chez nous quoi …

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Nous retrouvons contents le premier vrai supermarché depuis notre départ de Guadeloupe – mais les légumes se vendent à prix d’or : 6 ou 12 euros le kilo de tomates importées ou locales ! Pas de légumes donc …
Qu’à cela ne tienne, nous nous en consolons au « Bar de l’Oubli » pendant que des trombes d’eau nettoient Takoumi au mouillage au fond de la baie de Gustavia.

L’architecture est d’influence bretonne et normande et comme cette île n’a pas connu l’esclavage choisissant de se débrouiller seule entre colons, nous sommes très surpris de ne croiser que des blancs durant tout notre séjour. En somme, une île très peu « créolisée ».

Enfin, bien que le mouillage soit totalement inconfortable, très rouleur il nous permet d’explorer le Gros îlet aux abords de Gustavia, ses oiseaux, ses coraux et milliers de poissons tropicaux.

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Mais toutes les îles françaises ne se ressemblent pas et nous rejoignons ensuite l’ile Saint Martin par la côte au vent, navigation très agréable entre ces îles entourées de plein d’autres petites îles et îlots très sauvages – qui nous offrent un paysage fantastique. Saint Martin est une île partagée entre les Hollandais et les Français qui au fil des rencontres me rappellera un peu la Belgique divisée et pour résumer, mon sentiment est que les Hollandais offrent beaucoup de services et achats intéressants et la côte française les plus beaux mouillages. Le partage originel de l’île, déterminé par une « course à pied » entre les champions des deux nations, ne semble pas très écologiquement équitable à première vue, mais les bataves s’en sortent bien en conservant l’industrie des marais salants. Pour ne rien changer, les uns bossent, les autres glandent.

Nous avons passé du temps en baie de Marigot, Marina Port Louis, pittoresque et fort populaire Sandy Ground. Notre préférence va vers le mouillage et village de Grand Case où nous avons passé de supers moments avec les copains – Kalisea et Okeanos – que nous avions quittés en Martinique.
En conclusion, mis à part quelque soucis d’annexe décidément récurrents, ce sont les grandes vacances en bord de plage et en bonne compagnie!

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Derniers conseils pour les navigateurs, attachez vos annexes et faites vos formalités à Budget Marine (Sandy Ground) afin d’éviter la surtaxe des autorités portuaires…et si besoin, rejoignez le dinghy dock au centre de la marina Port Louis, en cercle, grimpez la petite échelle déboulonnée avec vos sacs de linge que vous pouvez déposer dans de grandes machines américaines juste là. Au choix, déjeuner en face au Plongeoir ou dans l’une des excellentes boulangeries restaurant – le Divin ou le Serafina – en face du marché (sans intérêt) en attendant..

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Mais à ce stade, nous avons atteint le point le plus au nord que nous avions prévu de fréquenter pour cette saison et nous entamons la redescente des Antilles.

Donc retour à Saint Bart’ à l’anse du Colombier, mouillage très confortable et fréquenté par plus de tortues que d’humains. Rejoints par Kalisea, nous profitons de la plage de sable entourée de terrains très verts et privés avant de repartir ensemble vers Gustavia où nous partageons un excellent dîner chez Eddy’s Ghetto.
Bon, un petit accident de lâchage de bouée au départ du Colombier nous vaut une demi journée à l’hôpital de Gustavia le lendemain mais rien de grave heureusement !

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La météo se complique en cette fin de saison, donc après moultes tergiversations, hésitations et atermoiements, nous décidons d’un départ matinal pour St-Kitts avec nos amis.

Pour faire bonne mesure, le caractère matinal de ce départ a par contre été mis un tout petit peu à mal par l’association d’une idée géniale et de la loi de Murphy. Préparer les fanions Q et de courtoisie en avance est sans aucun doute une bonne idée, mais quand ils se coincent dans le chariot de grand voile, la galère commence. Démontage du bas du rail de mat, là ça va, mais une dizaine de billes se font la malle quand nous essayons maladroitement de libérer le chariot, elles seront rattrapées et empaquetées pour remontage, mais c’est justement au remontage du rail que les fixations de celui-ci, fatiguées par tant d’années de bons et loyaux services, rendent l’âme et bien évidement, les boulons nécessaires sont d’une taille qui n’existe pas dans la quincaillerie du bord …
En bref, pour une idée géniale et deux malheureuses vis, le tout finit dans un sac, la grand voile ne peut plus être rangée proprement, le fanion de courtoisie neuf est déchiré et nous partons avec deux heures de retard, qui nous manqueronst cruellement pour notre arrivée aux dernières lueurs du soleil couché sur une autre île que celle prévue … Mais ceci est une autre histoire 😉

The Barbuda formality « tour »

Il y a toujours plus d’un chemin pour découvrir une île ou un village, celui que nous avons emprunté à Barbuda, mérite que l’on s’y attarde tellement il est « imbriqué » avec la clearance de sortie.

Alors pour ceux du fond qui ne suivent pas, les formalités de « clearance » sont une sorte de rituel douanier incluant une visite à l’autorité portuaire, aux douanes et à l’immigration de chaque nouveau gouvernement, pour ainsi dire dans les Caraïbes, de chaque îles.
Et comme de bien entendu, chacune à ses manières … Que ce soit une simple déclaration, une visite courtoise mais sérieuse à un ou plusieurs offices ou une rationalisation d’un racket d’état à peine caché.
Toujours est-il qu’à Barbuda, la sortie (gratuite), s’apparente à une odyssée touristique.

Pour commencer, les formalités tiennent place à la capitale, qui, comme pour rendre les choses plus aventureuses n’est pas … en bord de mer. Il faut donc avant tout rejoindre la plage en annexe. Traverser une fine bande de terre pour se retrouver face à un lagon large de plus de deux bon milles.
C’est à ce moment qu’intervient « Clifou » (c’est le surnom que je lui ai trouvé), envoyé par la providence à notre secours … Ce dernier nous propose avant tout l’indispensable taxi boat pour traverser le lagon … C’est déjà ça, nous sommes débarrassés de notre annexe et la traversée est effectuée tambour battant.

Une fois en ville, Clifford s’improvise guide administratif et touristique. Et grand bien nous fait ! Il nous accompagne pour commencer à l’office du tourisme qui fait aussi « autorité portuaire » pour la délivrance des clearances (dans un village sans port). Au moins, pour cette fois, nous ne boudons pas d’effectuer cette démarche dans une bonne ambiance de boutique d’artisanat, guides locaux, trucs pour touristes et autres petites fioles de sable rose destinées à devenir le gadget souvenir le plus couru de l’île.

Effectivement, nous n’aurions jamais trouvé seuls.

Puis viens une longue traversée du village (de l’Ouest vers le Nord-Est), ponctuée par les explications et la conversation avec notre guide. Il nous amène enfin devant l’office d’immigration, mais c’est pour nous montrer où il se trouve, nous aurons à y revenir plus tard par nos propres moyens … après les douanes.

Effectivement, nous n’aurions jamais trouvé seuls.

L’immigration identifiée, nous repartons à grand pas pour la douane (longue marche sur un axe Nord-Est / Sud-Est) mais pas sans un court détour par la maison de la copine du douanier, car la voiture de ce dernier est garée devant et qu’il a dû lui rendre visite pour le déjeuner, l’heure tourne et il devient pressant de s’activer sérieusement pour compléter notre « tour » avant l’heure du repas.
Finalement, nous nous retrouvons dans un quartier résidentiel où tout ce qui différencie le bureau des douanes des maisons particulières est une petite pancarte. D’ailleurs, le bureau tiens place effectivement dans une pièce d’une maison particulière dont nous pouvons constater le dépouillement en matière de mobilier ainsi que des instruments de musiques par une porte entrouverte sur ce qui semble être un salon de répétition. Pour le reste du bureau des douanes, il se compose d’un bureau et d’une montagne de documents officiels empilés dans un coin d’où personne n’ira sans doute jamais les retirer par une improbable quête de classification, triage ou même simple rangement.

Encore une fois, nous n’aurions jamais trouvé seuls.

Mais nous sommes pourtant seuls désormais, notre guide nous ayant montré où se situe l’immigration, il est repartis vaquer à ses affaires le temps que nous en ayons fini avec cet ineffable parcours. Et c’est au douanier lui même que nous devons le coup de pouce suivant … L’heure avançant, il s’assure d’un coup de fil que sa collègue et amie de l’immigration nous attendra bien avant de fermer pour la pause de midi.

Nous retraversons alors le village au pas de course pour l’ultime étape administrative, qui se tiens cette fois dans un coquet bureau d’une maisonnette dédiée … et pourvue de la climatisation s’il vous plaît ! Les officiels ne sont pas tous pourvu du même niveau de confort, assurément.

Une fois l’immigration satisfaite, nous poursuivons notre court séjour en ville par une visite plus orientée « tourisme et découverte » incluant quelques achats … mais dans une ville dont, sans la connaître vraiment, nous maîtrisons désormais curieusement bien la géographie.

Et nous voilà de retour au débarcadère pour retrouver Clifford qui nous fera retraverser le lagon.

Mais cette fois là, nous avons retrouvé notre chemin tout seuls …

Un dernier mot pour dire que la clearance a Barbuda nous a pris un peu plus d’une heure et demie et que nous considérons cette durée comme un record de rapidité qui n’a été possible que grâce à l’aide de chacun des intervenants. Clifford, la responsable de la maison du tourisme, le douanier et la fille de l’immigration. Sans eux et leur chaleureux accueil, nous y serions peut-être encore …

Du coup, je suis bien en peine de savoir comment conseiller nos lecteurs navigateurs. Faut-il éviter d’avoir à subir ce parcours du combattant à Barbuda ou dois-je au contraire encourager toutes les velléités de participer à une rocambolesque aventure ?
Nous avons choisis d’y aller, et sommes bien heureux de l’avoir fait.

Nomade’s Land

Voilà plus d’un mois que nous vivons au rythme des alizés, des vagues, des mouillages et des îles. Et notre silence sur le blog reflète bien la déconnexion quasi-permanente qui accompagne la vie de nomades que je qualifie enfin. Parce que j’ai bien le sentiment que quelque chose a changé dans notre quotidien durant ces dernières semaines : ce qui était une aventure jusque-là s’est muée en quotidien sans crier gare, une vie à part entière dont l’essence est le changement constant.

Ainsi depuis un mois nous vivons au rythme des escales, des procédures singulières de clearance, des différentes langues, monnaies, taux de change et taxation, des prix de la consommation, des services souvent rares et le plus passionnant : des diverses rencontres et récits d’aventure et de mésaventure de ceux devenus nos « voisins » de notre belle et grande résidence  » la mer des Caraïbes ». En réalité, celle-ci nous paraît de plus en plus petite au rythme de la fin de la saison et nous naviguons ensemble à plusieurs bateaux ou retrouvons les mêmes d’escale en escale. Cette co-navigation fut une excellente surprise au cours du voyage, que je n’avais pas prévue ni même imaginée. Mais il faut aussi le dire : nos voisins et violons s’accordent en admettant que la culture nous manque un peu et que la fraternelle solidarité des voyageurs de plaisance vient à point nous réchauffer le cœur à ce stade de notre périple.

Où en est-il d’ailleurs, ce périple me demanderez-vous?

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Eh bien nous avons d’abord quitté la France via Deshaies pour Antigua, ancienne colonie anglaise qui nous accueillit festivement pendant leur « Saling week ». Le mouillage de Freeman Bay nous a beaucoup plu d’où nous avons pu visiter Nelson’s dock Yard, un lieu unique et historiquement stratégique pour dissimuler les flottes en guerre et les entretenir.

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Le soir venant, nous avons pu profiter des stands de « Street food » montés pour l’événement. Nous avons partagé notre table et impressions avec Selena, une écossaise, Chef cuisinier sur un trois mats classique, nomade depuis 4 ans sur différents navires. Nous parlons évidemment cuisine et rions du début de la traversée alors qu’elle avouait devoir nourrir un équipage tout entier souffrant atrocement de mal de mer!?

Notre stand est une affaire de famille – Carol et Dinghy son beau frère s’alternent au barbecue et je me balade entre les grosses marmites pour apprendre leurs secrets créoles – riz parfumés, langouste, travers de porc grillės, « corn on the cob », poulet, steak haché et boules de pain sucrées considérées comme un parfait accompagnement….le courant passe chaleureusement avec Carol qui nous pose des tas de questions sur notre aventure. Et lorsque nous lui apprenons nonchalamment et plutôt fiers que nous n’avons plus de maison, Carol insiste pour nous offrir de quoi nous rassasier le lendemain – Olivier et moi sommes infiniment gėnés mais forcés d’accepter au risque de vexer notre nouvelle copine Antiguaise…
Nous quittons la fête pour la très jolie Green Island entourée de ses barrières de corail honteusement abîmées. Il n’y a rien à Green Island, ce qui nous plait assez pour y rester deux jours…

Mais la notion de « rien » prend pleinement son sens lorsque nous arrivons à Lower Bay à Barbuda, 25 miles au nord-est d’Antigua….c’est une plage de plus de dix kilomètres devant laquelle seuls 3-4 bateaux se sont aventurés épars. En fait, cette immense plage est une dune quasiment inhabitée qui sépare la mer d’un vaste lagon en face duquel le seul village, Codrington, au centre de l’île, se protège du rude climat tropical.
L’épreuve qui nous attend maintenant est d’y parvenir afin d’effectuer les formalités de sortie du territoire. Nous embrassons cette nouvelle aventure en rejoignant la plage à la rame en maillots de bain avec notre sac étanche dans l’éventualité de nous faire embarquer par les rouleaux dont la résonance et la blancheur de l’écume nous annoncent la difficulté…Stratégiques néanmoins, nous visons le centre de la plage où nous avons aperçu une construction isolée et un homme élaguant un palmier…Seule présence humaine dans ce lieu désert et envoûtant. Il s’agit de Clifford qui nous propose tout de suite ses services de taxi boat nous permettant de rejoindre Codrington. Clifford fera plus que ça en nous accompagnant dans les 3 lieux de formalités requis – l’office du tourisme, les douanes et l’immigration – aux 3 coins du village quadrillé tel un quartier typique de n’importe quelle agglomération des États-Unis – les cases en guise de demeures et sans panneaux de circulation. Notre hôte Barbudien nous apprend que l’île est peuplée essentiellement de très jeunes enfants de moins de 13 ans et que les parents ne trouvent pas beaucoup de travail. Ils vivent de salaires ridicules en travaillant 3 heures par jour pour 150 dollars EC par semaine (50 euros!). L’île est peuplée de 1200 habitants venus surtout des îles voisines. Il ne reste que 400 Barbudiens de souche, la plupart ayant émigré définitivement aux EU ou au Canada. Clifford apprécierait que son gouvernement simplifie l’accueil des plaisanciers comme nous – ce qui est peu probable selon lui.
Suite à ces formalités pas comme les autres, nous recherchons quelques produits d’avitaillement courant et l’aventure continue aux confins du village dont les routes ne sont plus qu’allées de terre sableuse et cuisante sous un soleil de plomb. Nous rentrons ainsi chez plusieurs habitants qui vendent chacun quelques bricoles dans leur case. Nous finissons par trouver ce que nous cherchons chez Lonette – dans son salon où elle a étalé riz, pâtes, café etc. Devant la maison nous sommes salués par toute la famille dont une grand mère assise tranquillement comme les autres, à ne rien faire, et qui fume – vous le croirez – un joint de hachich conséquent et odorant! Bel exemple de culture créole 😀. Le mouillage est paradisiaque, mis à part d’étranges petites bêtes envahissantes et une odeur particulièrement forte et inexplicable au coucher du soleil. Cette étendue de sable nous ensorcelle et l’eau turquoise y est démoniaque de quiétude. Nous la quittons néanmoins péniblement en fin d’après-midi en direction de la prochaine île – française cette fois – Saint Barthélémy. Une belle nuit de navigation s’annonce pour y arriver au petit matin.

 

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