Le voyage de Takoumi

Saison 3

Archive mensuelles: août 2015

Taormine…en route pour Syracuse…

Apres une nuit de veille/nav’ écourtée par nos ennuis de pilote-alternateur, nous avons choisi un mouillage sur bouée plutôt qu’a l’ancre – eh oui, le guindeau qui nous permet de remonter l’ancre dépend aussi de la batterie moteur dont l’alternateur est défectueux!
Pour tout vous dire, j’avais repéré ce mouillage sur notre application fétiche -Navionics – parce qu’il est tenu par un Maltais se prénommant Georges susceptible de nous aider à faire des réparations…
Georges s’est avéré être un hôte extraordinaire et nous avons le sentiment d’avoir fait une véritable rencontre en ce début de long voyage. Il revenait de l’Atlantic Odyssey l’été dernier organisée par Jimmy Cornell dont nous feuilletons régulièrement les ouvrages depuis que nous sommes à bord. Il nous donnera plus d’un conseil quand à la traversée et nous encourage à contacter Jimmy-je le ferai sans doute dans les prochaines semaines.


Nous allons visiter Taormina et son Antique Théâtre Grec durant un des 2 jours que nous passons sur cette partie de la côte sicilienne – que je trouve assez belle parce que jonchée de roches et de petites falaises – et quelques abris qui se font rares en Sicile!

Le Théâtre de Taormina donne sur toute la vallée de l’Etna et la mer, situation géographique exceptionnelle, il continue d’accueillir des concerts classiques et consacrer les artistes depuis….Sophia Loren et bien d’autres avant. Cette pensée m’interpelle pendant que nous foulons le sol de cet endroit insolite.

Et à peine rentrés de notre excursion touristique, Georges nous a déjà organisé la suite des opérations à Riposto, porto dell’ Etna à environ 7 milles au sud de Taormina. Nous y resterons 2 jours – le temps pour Salvo de nous réparer le pilote (ouf!) et Leonardo de tout tenter pour nous réparer l’alternateur. Nous devrons néanmoins nous adresser au prochain port sensiblement équipé à Malte et – grâce a Georges – nous avons déjà un contact prévu a notre arrivée a la Valette ( à Malte, pas a côte de Toulon :)
Le port de Riposto nous a laissés un peu perplexes néanmoins, il a le potentiel d’une marina incontournable dans la région mais une erreur de conception le force à ne louer que la moitié de l’espace pourtant déjà tout-équipé: catways magnifiques mais qui se brisent à cause de vagues d’un mètre trente qui entrent dans le port prévu pour un mètre de débattement!??
En attendant nous avons beaucoup apprécié de participer a la XVI festa di la Pesca de Riposto (Giarre), première étape dans une ville « normale »sicilienne. J’aurai l’occasion de sentir a maintes reprises l’accueil plus que chaleureux de ses habitants malheureusement peu débordés par les clients.

Nous en repartirons ravis d’avoir un pilote en état de marche et de nos rencontres de ces derniers jours – Benoit et sa femme de la Grande Motte, la famille White d’Angleterre, Georges bien sûr , Salvo, Leonardo, Carolina, etc. Et contents d’avancer vers Syracusa notre prochaine escale – nous mettons deux jours de navigation au près très agréables en nous arrêtant pour la nuit au sud de Cathane -dans la baia de Iturchi : malgré une soirée confortable, il se révèle être un « mouillage pourri » , je crois en effet que nous sommes abonnés bien malgré nous :). Bof, on s’y fait finalement tant qu’on ne dérape pas…à bientôt Syracusa!

 

Entre Charybde et Scylla

Après notre halte d’une journée forcée et ventée à Stromboli, nous décidons de quitter les Éoliennes après une ultime étape depuis la calme et confortable Panarea, mais côté ville cette fois… Mais voilà, le village de Panarea n’a pas le charme de ses calanques environnantes et le village est en fait pauvre en commerces et les taxis prives des hôtels (voiturettes de golf électriques) encombrent la promenade (d’ailleurs, les carabinieri sont aussi en voiturettes de golf, nous n’aurons pas le plaisir de voir les carabinieri poursuivre un taxi malheureusement).
Enfin, ce n’est qu’à la nuit tombée que se révèle la véritable nature du lieu et les bars déversent sur la baie une forte musique techno. Du coup, comme le mouillage est pourri par une vilaine petite houle (je sais nous avons une sorte d’abonnement aux mouillages pas terribles), le ballet incessants des bateaux taxis à fond et même un ferry haut comme une montagne qui passe à 20 mètre des bateaux au mouillages, nous n’y tenons plus et nous quittons Panarea avec près de quatre heures d’avances. Qu’importe, nous arriverons bien à les perdre sur la route vers Messine.

Et effectivement, la traversée est idyllique et nous perdons effectivement pas mal de temps,d’où, cette nuit là, record de consommation pour la partie au moteur et record de lenteur pour celle à la voile ;-).
PENTAX ImageEn fait, nous avons fait nos calcul pour aborder le détroit de Messine avec les courants favorables et nous aurons malgré tout deux heures d´avance a l’approche du détroit et heureusement finalement… Car c’est en début de matinée que le pilote automatique décide de rejoindre l’alternateur moteur aux abonnés absents. Il nous faut éteindre tous les instruments pour reprendre le contrôle.
Sur ce coup, c’est un grand moment de solitude, Manue a un torticolis qui l’handicape, le pilote ne marche plus, l’alternateur n’altèrne même plus les périodes où il fonctionne. « Le bateau il est pété, ma femme elle est pétée, je ne vais pas siffler comme un con, cela ne changeras rien ! »
Alors, nous décidons de mouiller juste avant l’entrée du détroit, nous avons deux heures avant les courants favorables… D’ailleurs, c’est le mouillage le plus « à l’arraché » que nous ayons fait jusque là, ancre « balancée » sur un haut fond alors que le bateau a encore de la vitesse = arrêt net et 180° sauvage. Je ne peut que sourire devant cette manœuvre disgracieuse en me souvenant de la même réalisée par le capitaine Jack Sparrow dans un épisode de « Pirate des Caraïbes »…
Je troque donc deux heures de sieste pour deux heures de bricolage qui nous rendent les instruments, mais pas le pilote.

Nous levons l’ancre à l’heure prévue par la méthode « guide Imray », c’est à dire 4h30 après la marée haute à Gibraltar. Le courant porte effectivement dans le bon sens, peu de vent, donc ce sera moteur pour le passage du détroit. Ce n’est pas plus mal, il impressionne beaucoup de monde et si nous ne sommes pas inquiets, nous nous demandons quand même comment va se passer ce premier détroit 😉
PENTAX ImageEt en fait, il se passe fort bien. En tout cas, rien au niveau de la réputation de Charybde et Scylla avec lesquels Ulysse lui même a dû s’arranger. Certes, les eaux bouillonnent, mais ce sont surtout de belles pointes de vitesses au moteur qui retiennent notre attention. Grâce au courant (9 nœuds) je ne suis pas certains que l’on puisse atteindre cette vitesse même a fond sur eau plate et sans vent. PENTAX ImagePas ou peu de trafic, à l’exception des ferries et navettes qui traversent presque en perpendiculaire. Avec un peu d’anticipation, elles ne seront pas dangereuses. Alors oui, nous pensons que certaines conditions peuvent rendre la passe scabreuse, mais nous les avons évitées 😉

PENTAX ImageDevant Messine, nous hésitons, à nous arrêter. Car c’est nous semble-t-il un port assez important ou nous trouverons de quoi réparer le bateau. Par contre, cette escale est systématiquement non-recommandée par l’unanimité des plaisanciers dont nous avons pu recueillir les témoignages. Alors, vous pensez bien que nous n’avons aucune envie, mais vraiment aucune, a être les prochains à rapporter ce genre de mauvaise expérience. Nous cherchons toutes les bonnes raisons de ne pas nous arrêter et en trouvons finalement une qui vaut ce qu’elle vaut : au moteur, l’alternateur semble recharger « un peu quand même » la batterie. Du coup, cela tiendra bien jusqu’à Syracuse…

Après Messines le détroit s’élargit franchement, les voies de navigations des gros bateaux s’écartent du bords et notre route suit une plage qui semble sans fin.
Par contre, d’après la méthode « Imray », le courant devrait nous accorder un peu plus de temps pour passer, là, nous retrouvons un courant contraire deux heures à peine après nous être engagés dans le détroit. Pas de mal, vu que nous sommes au moteur, mais nous aurions bien appréciés profiter un peu plus de ce formidable « booster » de performances.

La journée se termine dans la houle et la bonne humeur jusqu’à Taormine, où nous sommes quand même très,très heureux d’arriver.

PENTAX ImagePENTAX ImageC’est depuis le haut de la ville que nous avons notre dernière vue de l’étroit détroit tant redouté des navigateurs d’Homère et de l’Odyssée.

Jolies Eoli

Nous sommes donc arrivés mardi 11 août en fin de journée au mouillage dans la baie de Porticello, probablement le site le moins joli de l’île Lipari mais un refuge confortable sur un plateau pour une nuit de sommeil dont nous avions bien besoin après la traversée orageuse.

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Couches à 21h non sans avoir préalablement dégusté notre carpaccio tout frais prévu la veille :). Nous avons passé plusieurs jours en cabotant, voiles dehors d’une île a l’autre en poursuivant sur Lipari:

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L’île Vulcano:

 

 

 

 

 

 

L’île Salina ou nous sommes descendus à terre pour l’avitaillement en produits régionaux frais (Macelleria, etc.). Avant de remonter dans l’annexe bien charges, nous rencontrons et apprécions l’accueil chaleureux des « voisins » vivant dans la villa sur la plage de galets en face de Takoumi à Marina Salina au Nord de l’île.

L’île Panarea nous offre un des plus beaux mouillages dans la cala Junco pour la fin de la journée et la nuit-ceci après le départ des nombreux bateaux de jeunes faisant la bamboula toute l’après-midi! Ce qui semble de coutume l’été en Italie…2-3-4 bateaux se mettent a couple et leurs occupants chantent, sifflent, dansent, s’arrosent de proseccio divertirais sang les quelques bateaux français de la bai- plus discrets pour une fois. Nous étions d’ailleurs très surpris, voire inquiets de les voir partir et de nous retrouver seuls le soir dans cet endroit que je trouve splendide – mais sans aucun regret après une très belle soirée – inspires par les jeuns, nous avons fait notre propre concert de cockpit sous un beau ciel étoile : James Blunt, Grâce, Massive Attack et Axelle Red…Vive les concerts de cockpit!

Enfin, l’île Stromboli, le volcan le plus attractif parce qu’actif des Éoliennes. Alors la j’avoue, je me suis un peu dégonflée en arrivant au village (200m d’altitude) et en écoutant un guide parler de l’expédition nocturne concernant l’ascension du volcan…Finalement nous avons préfère naviguer jusque la Sciara del Fuoco pour observer quelques irruptions de nuit (de loin…) La Sciara del Fuoco est une zone de dépression très instable formee il y a 5000 ans lorsqu’une partie du cône du volcan s’est effondrée, qui continue de subir des transformations suite aux irruptions plus ou moins importantes et permanentes du Stromboli). Cela donne a l’ile un versant tout noir et pentu sur la mer…

 

Activité plutôt sympa pour notre 15 Aout…nous sommes ensuite retournés au mouillage vers 22h dormir devant la petite ville de Stromboli ou nous nous préparons pour l’étape suivante : le passage du détroit de Messine!
Nous devions partir ce matin mais avons hésite pour finalement décider de rester jusque minuit avant de partir afin de rejoindre l’entrée du détroit de jour. Cette journée annoncée calmé par la météo s’avère toute autre: c’est la première fois que nous sommes obliges de faire une veille au mouillage étant donne des rafales a 30 noeuds, beaucoup de bateaux venus se « réfugier » proches de nous et des ancres qui peuvent rapidement déraper sur un sol semi-rocheux. Il y a des italiens, des espagnols, des hollandais tous aux aguets à leur poste de veille sur le pont se demandant si le front nuageux se déplace vers nous ou vers le large. Nous avons range le jeu de backgammon sorti un peu plus tôt dans l’espoir d’une accalmie mais la veille nous occupe bien assez comme ça, nous n’avons pas besoin d’autres distractions pour l’instant. Et pour le départ tout à l’heure, je pense que nous allons ré analyser les dernières infos météo, courant avant de nous lancer vers la Sicile pour de bon.

Orages ! Oh désespoir !

Oh météo ennemie, que n’avons nous donc tant vécus que pour cette infamie 😉

Vous l’avez compris sans doute, nous nous faisons quelque peu fait chahuter sur la route du Stromboli. La météo indiquait bien un peu de pluie ceci dit, mais nous ne pensions pas que le spectacle comprendrait son, lumière, climatisation et douches en prime.

La première journée est magnifique, vent, soleil, « tutti va bene ».

À l’heure du petit blanc, nous sommes toujours confortables et profitons du spectacle offert par quelques orages au loin. Le menu de ce soir est Carpacio frais et nous sommes impatients de nous jeter dessus.

Une heure après, le spectacle n’est plus si loin, il fait frisquet, quelques éclairs pètent ici et la et la belle houle pourrait perturber notre somptueux dîner. Nous le réservons donc pour de meilleures conditions et décidons que nous aurons besoins de solide et de chaleur pour la nuit à venir, ce sont donc des hot-dogs maison qui constituent notre menu d’un dîner qui décidément est de plus en plus agité, bien que nous soyons repassé au moteur face au vent pour avoir un peu « d’horizontalité ». Nous notons avec surprise que ces hot-dogs aux saucisses géantes ont un sérieux goût de « fast food », il va falloir faire des progrès sur ce sujet.

Au sortir du repas, la soirée deviens franchement agitée, toujours pas de pluie, mais les éclairs fusent de partout, un peu comme une lumière stroboscopique en boîte de nuit. Nous nous retranchons dans le carré bien au sec en attendant le fin de ce que nous pensons être un intermède.
Sauf que l’intermède, et bien, nous l’avons pris en pleine poire quelques minutes plus tard avec le passage du front d’un premier orage. Nous ne savions pas ce que c’était, mais maintenant, nous sommes moins naïfs… Le front orageux, certes c’est une pluie dense et intense, mais il s’accompagne aussi d’une belle rafale à plus de 40 nds par le travers, grand voile haute et bien bordée… Promis, nous ne le ferons plus. Ceci dit, le bateau est formidable et n’a pas pris plus de 30° de gîte, ce qui est un comportement exceptionnel dans ces conditions. Bon, certes, tout à volé partout et le pont ressemble plus à un champs de bataille qu’autre chose, mais on aurait pu casser ou perdre quelque chose et il n’en est rien, pas même une pince à linge. Nous sortons au plus vite de cet événement météorologiques à l’aide du merveilleux radar que nous avons fait installer avant de partir qui détecte très très bien les zones de pluie et qui contrairement à ce qu’on nous avait affirmé sert à quelque chose et est rentabilisé très vite 😉

Le reste de la nuit est une partie de chassé croisé avec les orages que nous localisons facilement. Mais parfois, même si on les voit, il est parfois impossible de les éviter, et si Manue a eue un quart relativement calme, le miens est agité par un vilain orage qui s’est formé sous mon nez a la vitesse de l’éclair 😉 et qui nous emporte par surprise dans une fuite à la voile (avec un ris quand même) pas totalement inconfortable, mais pas vraiment dans la direction souhaitée.

Il y a beaucoup de manœuvre pour finir la matinée, mais a force, il n’y a plus d’appréhension, juste de la fatigue.

Un peu plus tard, sous un beau ciel dégagé, entre deux orages, nous aurons la merveilleuse visite d’une troupe de dauphins qui viennent jouer avec l’étrave de Takoumi pendant une bonne demi-heure.

Ces derniers semblent nous indiquer une fuite vers bâbord, mais Manue ne l’entends pas de cette oreille et préfère traverser l’orage qui nous poursuit par sa largeur la plus fine. La suite donne raison à Manue, et le front est passé rapidement et nous donne encore des images fantastiques. Malheureusement, les dauphins, sans doute vexés de ne pas avoir été écoutés, ne nous ont pas suivis dans la bataille 😉

De bonne heure ce matin là, nous choisissons de continuer notre route vers d’autres îles éoliennes, d’autres orages nous barrent la route. Cap vers Lipari alors, puisque le chemin est clair !

Pourris par la fatigue nous ne remettrons pas la voile de la journée, mais un ultime orage nous attends aux abords de notre nouvelle destination que nous rejoignons deux heures plus tard sous un beau ciel dégage.

Une nouvelle règle de navigation à bords de Takoumi : On ne va pas dans les tâches roses ! (zones de pluie au radar) !

Capri, c’est fini !

« C’était pourtant l’île la plus glamour,
Capri c’est fini,
Je ne crois pas que nous y retournerons un jour. »

Alors, Capri que nous n’avons pas foulée du pied, présente une étonnante géométrie à deux faces.

Le côté pile, quelque peu quelconque pour une île italienne, avec mouillage et port, et tout de même une jolie singularité avec une statue surplombant la mer.

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Et le côté face, bien plus aguicheur. Au détour d’un rocher, nous découvrons la baie sud où nous passerons la nuit au mouillage. De belles villas et des yachts de luxe (presque aussi gros que ceux de la baie de Golfe Juan, mais quand même moins gros) dans un écrin minéral qui regorge de détails.

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La nuit est bien sympathique et nous profitons confortablement du spectacle donné par un orage au loin.

PENTAX ImagePar contre, le fond de la baie est pas mal pollué par tous ces gros yachts, c’est dommage, nous ne nous y baignerons pas. Et de toute façon, nous ne nous attarderons pas, car le lendemain est une longue navigation pour l’île Stromboli, première île éolienne que nous avons l’intention de découvrir.

À cette heure là, de bonne heure et de bonne humeur, nous ne nous doutons pas de à quel point ce trajet nous paraîtra long, mais c’est une autre histoire 😉

Bon giorno Napoli

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Après une belle nuit de navigation, nos sommes en vue de Naples des le début de matinée. Nous avons l’intention de prendre une place de port pour avitailler et profiter un peu de la seule grande ville italienne de notre périple. Et c’est là que l’histoire drôle commence, car nous l’avons lu, les places Napolitaines semblent difficiles à obtenir.

IMG_5869Nous consultons donc tout ce qu’internet peut mettre à disposition pour mieux appréhender l’atterrissage et nous convenons que Manuela appelle les ports pour trouver un accueil pour la journée et la nuit.
Les premières tentatives sont ardues, comme de coutume ici, les numéros de téléphones ne sont jamais les bons, l’interlocuteur parle rarement un autre langage que l’italien et surtout, personne ne semble en charge de quoi que ce soit puisque rien ne semble centralisé. Et l’évidente bonne volonté de plusieurs contacts n’y change pas grand chose.

Après avoir « visité » deux ports sans parvenir à établir une « rencontre du troisième type », le troisième nous parait bien plus accueillant au visuel. Et enfin un contact téléphonique qui se solde par l’obtention d’une place de port au tarif négocié, car nous avons lu que souvent, les tarifs de port se négocient ici, et Manue a bien joué le coup en faisant baisser le coût de « prohibitif » à « très cher ».

Après s’être préparés, nous voilà à l’entrée du port qui de l’extérieur faisait bonne impression… Et qui fait toujours bonne impression de l’intérieur, sauf que… personne ne nous attends comme il a été convenu. Pas de panique, quelques minutes de tours et détours dans le port et nous attendons l’aide promise ou a minima une indication de poste d’amarrage.
Un tour, puis deux… Toujours rien, toutefois nous maîtrisons un peu mieux l’environnement et nous découvrons des panneaux d’interdiction d’entrée de zone militaire, des indications de « marina militaire » et le doute s’installe. Manue reprends donc le téléphone pour joindre à nouveau le port, qui au passage fait mine de ne pas nous reconnaître, mais qui peut toujours nous accueillir. Encore faudrait-il que nous soyons dans le bon port ! Ce qui n’est pas le cas bien évidemment !

Du coup un dernier tour pour se mettre en face de la sortie et … « Document ! », enfin un responsable en barque à qui nous allons pouvoir parler, mais vu la destination militaire évidente du port et les premiers mots du gardien, il nous semble que ce sera plus pour se faire sermonner qu’autre chose (enfin si, nous craignons l’amende aussi…).

Et le bonhomme de nous indiquer un poste d’amarrage, sans doute pour discuter le coup plus facilement. Le vent n’aidant pas, cet amarrage aussi temporaire soit-il est compliqué et long a prendre, en s’y reprenant à plusieurs fois… Autant dire que nous n’en menons pas large, déjà que nous nous sentons coupable d’avoir pénétrer une zone interdite, voilà que nous prenons un temps fou pour s’amarrer, ça n’arrange pas notre cas tout ça.

Une fois le bateau amarré, nous faisons connaissance avec le bonhomme, il parle italien uniquement… Et je ne comprends pas un traitre mot de ce qu’il dit. Mais je comprends que je dois l’accompagner dans sa barque avec les fameux « Document di barca ! » Jusqu’aux bureaux. Du coup, je me prépare au mieux avec les si instamment réclamés documents et de quoi payer une belle amende. La ballade en barque confirme que la discussion va être très difficile en italien/italien.

Et nous voilà qui arrivons au bureau qui se révèle être … pas un poste de police mais une école de voile !… Le temps de trouver le chef du coin en short et il baragouine un peu d’anglais, suffisamment pour me demander combien de nuit je reste 😉 Trop cool, on ne va pas se faire sermonner, mais être accueillis ;-). L’atmosphère se détend un peu (enfin, surtout moi !) et nous paierons même la place moins chère que le tarif négocié du port au téléphone… Et avec facture s’il vous plaît !

IMG_5861En fait, nous avons été pris en charge par la « légale navale italia » qui est une association de plaisanciers dont nous aurions dû être membres pour être accueillis, mais il faut croire qu’ils ont eu pitié de deux français errants dans leur port 😉 Manue a même fait son social avec Gino (le bonhomme), qui s’est révélé finalement très attentionné à notre égard. Même si je ne comprends toujours pas ce qu’il essaie de dire.

 

 

 

Pour le reste du séjour à Naples, tout se passe comme prévu, trattorias, terrasses, supermercati, ballades dans la ville. Cool quoi ! Mais bon, ce n’est pas ma destination de vacance favorite, les gens y font la tête plus qu’ailleurs (sans doute l’effet grande ville ?).

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Avant de partir, nous devons aussi faire le plein de gasoil, et forcement, ceci ce passe dans le port ou nous étions attendus la veille… Heureusement, pas de rebondissement de cette affaire de place.  Par contre, l’accès à la station au fond du port est assez audacieux, vu que les napolitains se baignent … dans les port et les entrées de port… bien au milieux, histoire de faire « simple and safe ». Il faut une bonne dose de sang froid (et un peu de chance sans doute) pour s’extirper de ce maelstrom.

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Du coup, pas de regrets, mais encore une belle aventure, quand nous quittons le port le lendemain pour Capri.

Elbe, Montecristo, Ponsa, Ventotene…encore une île?!

Elbe est la « Porquerolles » des Italiens mais je me rends compte, beaucoup beaucoup plus grande! Après quelques heures (8 précisément) de navigation autour d’un cote de l’île d’Elbe nous nous arrêtons pour la nuit dans le Golfe de Lacona. Le lendemain nous irons dans le mouillage près du Porto Azzuro, très peuple. Nous allons à terre quelques heures pour découvrir un village plutôt petit, très méditerranéen somme toute. L’avitaillement s’avère compliqué – une seule supérette qui ouvre à 16h et qui ne propose pas grand chose – nous faisons le plein de vin italien cependant, un peu de mozzarelle fraîche, beaucoup de charcuterie à la découpe et nous voilà répartis en annexe, bien chargés!

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Nous passerons la dernière nuit dans une anse bien sympa Punta Rossa. Nous n’avons pas fait de tourisme culturel à Elbe (donc rien appris sur Napoléon – mais bon…on connaît l’histoire…) mais je vous assure que nous faisons du tourisme culinaire et ne mangeons que local depuis notre départ: carpaccio, proseccio di Parma, peperoni, mêlons italiens un peu différents des nôtres très bons, pomodori (tomates), poivrons, anchois et thon marinés, pasta fresca, formaggii divers et nous régalons!

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Le voyage d’Elbe vers Montecristo démarre tôt le lendemain: cette île est mystérieuse presque envoûtante. IMG_5785IMG_5791IMG_5798

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Nous parcourons plus de 180 miles au total en 38 heures pour arriver au prochain mouillage à l’île de Ponsa vers 18h le lendemain: île splendide- qui a moins plu à Oliver mais je suis enchantée pour ma part de ces falaises multicolores – rouge, blanche, brune, sable, entrecoupées de grottes et de passages vers des bras de mer camoufles…

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Nous nous baignons avant de repartir le lendemain vers Ventotene, dernière île ou nous avons prévu de récupérer un peu avant d’arriver à Naples. Nous aurons beaucoup de mal à trouver une place pour notre annexe dans le tout petit port de Ventotene!

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Cette petite ville toute en pente nous paraît plus « normale » et semblable à l’Italie que nous connaissons: façades colorées par endroits délabrées, grande place ou tous les locaux se retrouvent, ou se rencontrent par hasard et discutent chaleureusement des dernières nouvelles. Nous nous fondons dans le décor et écoutons les conversations comme des chansons dont nous ne comprenons pas toutes les paroles mais dont le refrain nous plait, simplement.

Rentres de notre sortie a terre pour diner (carpaccio tout frais trouve à Ventotene), vers 23h la houle se lève brusquement. Bientôt, tous les voisins sont sur le pont et nous roulons tous très désagréablement! Qu’à cela ne tienne, nous n’en sommes plus à notre premier mouillage pourri aussi décidons rapidement de quitter le camp plutôt que de ne pas dormir de la nuit. Mais Ventotene était sur le chemin de Naples, plutôt loin, à une soixantaine de milles et à plus de 20 milles de la côte donc nous sommes partis pour la nuit… olivier prepare le thermos de cafe, les équipements de securite, je sors ma lampe frontale et mon ipod (la derniere nuit par pétole, le concert de Christophe Mae nous a bien tenu compagnie) . Cette navigation de nuit s’est avérée le meilleur moment de notre voyage depuis le départ. Nous avons pu mettre les voiles et nous amuser – a tour de rôle biensur pendant nos quarts de veille respectifs – dans la baie de l’île d’Ischia – l’île ou les Napolitains partent en week-end. Nous sommes arrivés à Napoli vers 9h du matin, fatigués – mais ravis de cette agréable traversée nocturne.

 

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Les derniers 20 milles

Les derniers 20 milles de l’île de Gorgona à Capraia nous offrent le spectacle du premier coucher de soleil sur la mer….en fait, le premier véritable coucher de soleil depuis que nous avons gagné l’Italie puisque (nous n’y avions jamais pensé avant!?) la côte Est n’offre peu ou pas d’opportunités de voir le soleil se coucher, vous en conviendrez…
Un coucher de soleil en mer est un spectacle inouï n’est-ce-pas?! Il semblerait que le soleil coule dans l’eau et pour peu que la lune se lève peu après lui, elle s’embrase, grande et pleine comme ce soir-la d’une couleur rouge orangée, flamboyante!
Le vent s’est relevé en fin de soirée donc nous avons enfin pu couper le moteur et profiter des dernières heures de route au calme, au portant. Dîner rapide dans des bols pour ne pas se laisser contrarier par le roulement du bateau, et nous sommes arrivés vers 23h dans la cala di Ceppo – magnifique anse protégée à l’Est de Capraia. Première arrivée au mouillage dans une lieu inconnu de nuit depuis notre départ..

Nous avons très bien dormi cette fois :). Les eaux sont si claires que je me suis aventurée à la nage pour observer sars, vieilles, petits bars et une belle murène près des roches multicolores de cette cala magique. Nous sommes repartis en fin de matinée pour rejoindre l’ile d’Elbe ou j’écris ce soir.

 

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Nous avons profité de 15 nœuds de vent N-E toute la journée et sommes arrivés au nouveau mouillage vers 20h – sans événement particulier je dois dire. La vie à bord se déroule au fil des heures – tâches quotidiennes (il y en a toujours :), linge….voici le Rakoumi Napolitainn pour exemple:

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Atelier couture aujourd’hui pour nous…Nous discutons de la route que nous avons dessinée et programmée dans le temps jusque « de l’autre côté »! Nous verrons bien mais durant les heures « creuses » pendant lesquelles je regarde la mer je pense régulièrement à l’Atlantique qui m’intrigue et m’interpelle, j’aimerais tant connaitre sa houle longue et ses sensations-qu’allons-nous faire pendant que se confondent les couleurs et les heures de la nuit et du jour, pêcher, écouter les dauphins, lire, souffrir de l’épuisement lors de manœuvres difficiles et une météo qui s’impose…Nous abordons la méditerranée tous les jours comme une expérience de plus qui j’espère nous permet d’aller plus loin, et pourquoi pas vers cet océan que j’appelle de tous mes vœux. En attendant, le vent est fort ce soir mais nous sommes bien ancrés. Pas de houle, nous devrions dormir confortablement.

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Carte « Allez en prison »

Et bien nous n’avons pas tirés la carte « allez en prison », nous ne sommes pas repassés par la « case départ », mais nous avons bien fait 20 miles de plus 😉

Je m’explique, dans mon dernier billet j’annonçais ne pas trop savoir si nous pourrions ou non faire étape sur les côtes de l’ile de Gorgona. Surtout à cause des règles des réserves naturelles italiennes que nous ne maîtrisons absolument pas.

Hors, après plusieurs heures de tergiversation (j’exagère à peine), nous sommes à quelques 500 mètres aux abords de l’île quand nous décidons de reprendre la carte pour une ultime tentative de déchiffrement. Bien nous en prends, car a deux, on lit mieux l’italien que seul.

Manue (lit le texte) – 2000 M della colonia penale
Olivier (songeur) – colonia pénale ?
Manue (poursuit) – Authorizatione
Olivier (perdu) – pénale ? Pas pour une réserve naturelle quand même.
Manue (lit de mieux en mieux l’italien) – della direzzione
Olivier (largué) – colonia ? colonie ? colons ?
Manue (termine le texte) – della casa penale
Olivier (au pif des associations d’idée) – prison ?
Manue (éclair de lucidité dans son regard) – bien sur c’est une prison, Fabio nous avait prévenu ! (Grazie Fabio)

Du coup, il fallait comprendre : « il faut dévier de l’île à cause de la maison pénitenciere qu’il est interdit d’approcher à moins de 2000 mètres. Le stationnement n’est autorisé qu’avec l’autorisation de la direction de la prison ».

A moins de 500 mètres du port de la prison, c’est tard pour se rendre compte que les zones de restrictions ne sont que très partiellement dédiées à la protection de la réserve naturelle.

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Et voilà, c’est pourquoi nous n’avons finalement pas mouillé à Gorgona, et aussi pourquoi nous en avons pris pour 20 miles de plus à parcourir pour rejoindre Capraia 😉

Nos « Cinque Mare »

Après Santa Margherita, plus au nord, se trouve la région des « cinque terre », région plus traditionnellement parcourue à pied par le sentier des « amoroso ». Cette découverte par la mer, si elle ne nous permet de ne visiter qu’un des cinq villages, se révèle être une charmante promenade au moteur le long de la côte.

Nous débattons quand même de savoir si le mouillage de Vernazza mérite l’étiquette hautement redoutée de « mouillage pourri ». Finalement, magnanimes, nous lui accordons ce titre horrifique. Mais conservons à Spotorno la palme du mouillage « pourris de chez pourris ». D’ailleurs, ne pouvant contacter personne ni en arrivant, ni en visitant, ni en repartant, nous avons considérés que les bouées devaient être gratuites.

Les cinq terres sont donc 5 villages en bords de mer, Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola Et Riomaggiore, dont je vous laisse apprécier les images.

Monterosso

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Vernazza

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Corniglia

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Manarola

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Riomaggiore

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La promenade du matin se termine par un mouillage « déjeuner/sieste/minecraft » dans la baie encombrée de Porto Venere.

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Après cet intermède, nous croisons sans but dans la baie de la Spezia pour rejoindre un mouillage cette fois ci très confortable dans une crique de la ville de Lerici dont nous nous élançons le jour suivant pour rejoindre l’île de Gorgona, qui sera, ou non, une étape vers l’ile de Capraia.

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